lundi 22 avril 2024

Taxe sur les écrans : la grogne monte chez les professionnels

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La Loi de finances 2018 prévoit d’élargir à la presse électronique la taxe dite « Taxe écran ». Cette nouvelle taxe a provoqué la colère des annonceurs, des éditeurs et des agences de communications qui revendiquent « la suppression immédiate » de cette taxe. Une mesure instituée sans concertation préalable avec les professionnels.

 

Ils sont en colère et le font savoir. Pour l’Union des agences conseil en communication, la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (Fmej) et le Groupement des annonceurs du Maroc, cette mesure «prise sans consultation préalable des acteurs directement concernés» constitue, estiment-ils, un «frein» au développement de l’activité publicitaire et «met en péril une économie numérique encore fragile, de l’avis de l’ensemble des parties prenantes».

«Aujourd’hui plus que jamais, la taxe d’écran constitue une problématique majeure pour tous les acteurs du marché publicitaire marocain, annonceurs, agences conseil en communication, presse électronique et éditeurs de contenu digitaux», souligne Mounir Jazouli, président du Groupement des annonceurs du Maroc dans un communiqué.

«Alors que nous militions pour la suppression de cette taxe qui s’appliquait à la publicité sur la télévision et le cinéma, nous avons été surpris de voir son champ d’application élargi avec les dispositions de la nouvelle Loi de finances », ajoute-t-il.

La nouvelle Loi de finances est en effet venue modifier et compléter les articles 251-b, 254 et 183-B du code général des impôts, de manière à élargir la notion d’annonces publicitaires sur écran à l’ensemble des annonces diffusées sur tous types d’écrans numériques. Les publicités diffusées sur les écrans publicitaires Led, les écrans d’ordinateurs, de téléphones et tablettes sont désormais concernées par cette taxe.

Instaurée depuis 1958 et révisée en 1998, cette disposition fiscale est de 5%. En effet le marché publicitaire marocain ne dépasse pas les 2MMDH. « La transformation digitale de la presse au Maroc est complexe, en l’absence d’un modèle économique pérenne, et sera impactée de plein fouet par cette nouvelle taxe. C’est l’avenir de la presse, une presse que l’on souhaite professionnelle, diversifiée et indépendante, qui est en jeu », relève, Noureddine Miftah, président de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ), cité dans le même communiqué.

Par ailleurs, l’Union des agences conseil en communication, la Fédération marocaine des éditeurs de journaux et le Groupement des annonceurs du Maroc viennent de saisir le directeur général des Impôts par une lettre tripartite. Cette correspondance demande la surpression de cette taxe, estimée, « contraire au principe de l’égalité de tous devant l’impôt, touchant uniquement le secteur de la publicité audiovisuelle alors qu’elle épargne l’affichage, la presse écrite ou la radio ».

A souligner que l’aide publique à la presse papier et électronique ne dépasse pas les 65 MDH alors qu’elle est de 15 MM DH dans un pays comme la France par exemple.

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