dimanche 16 juin 2024

La Chine a prélevé des échantillons de la face cachée de la Lune

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Le module d’ascension de la sonde chinoise Chang’e-6 a décollé avec succès de la surface lunaire mardi et emporté des échantillons de la face cachée, une première mondiale, a annoncé l’administration spatiale chinoise. 

Cette annonce marque une nouvelle étape dans l’ambitieux programme spatial chinois, qui vise à envoyer une mission habitée sur la Lune d’ici 2030.

Le module d’ascension «de la sonde chinoise Chang’e-6 a décollé de la surface lunaire mardi matin en emportant des échantillons recueillis sur la face cachée de la Lune, un exploit inédit dans l’histoire de l’exploration lunaire humaine», a indiqué l’agence officielle Chine nouvelle, citant l’administration spatiale chinoise (CNSA).

Il s’agit d’«un exploit sans précédent dans l’histoire de l’exploration humaine de la Lune», a souligné l’administration spatiale, et «la mission a résisté à l’épreuve des températures élevées sur la face cachée de la Lune».

Après son décollage, le module «est entré dans une orbite prédéfinie autour de la Lune», a ajouté la CNSA.

Chang’e-6 a aluni dimanche dans l’immense bassin Pôle Sud-Aitken, l’un des plus grands cratères d’impact connus du système solaire, situé sur la face cachée, selon l’administration spatiale.

La mission de la sonde, d’une durée prévue de 53 jours, a débuté le 3 mai, avec notamment pour objectif le recueil d’échantillons. Elle dispose pour cela d’une foreuse pour récupérer des prélèvements sous la surface, et d’un bras robotique pour attraper de la matière directement sur la surface.

   «Très fier»

Après avoir réussi à recueillir des échantillons, «un drapeau chinois emporté par l’atterrisseur a été déployé pour la première fois sur la face cachée de la Lune», a rapporté Chine nouvelle.

Les scientifiques estiment que la face cachée de la Lune – une région rarement explorée, appelée ainsi parce qu’elle est invisible depuis la Terre et non parce qu’elle ne capte jamais les rayons du Soleil – est très prometteuse pour la recherche, car ses cratères sont moins recouverts par d’anciennes coulées de lave que ceux de la face visible.

Les échantillons prélevés sur la face cachée pourraient permettre d’en savoir davantage sur la formation et l’histoire du satellite naturel de la Terre.

Ils permettront également de mieux comprendre «l’origine du système solaire» et de mieux préparer de futures explorations, a souligné un porte-parole de la mission Chang’e-6, Ge Ping, cité par l’agence Chine nouvelle.

L’agence spatiale chinoise n’a pas donné d’informations sur la suite de la mission.

Selon des sites spécialisés, les échantillons devraient rester quelques semaines en orbite lunaire avant d’entamer leur retour sur Terre autour du 25 juin.

«En tant que Chinois, je suis très fier des percées de mon pays» en matière d’exploration lunaire, a déclaré à l’AFP M. Liu, un designer de 23 ans rencontré dans les rues de Pékin.

«Je pense que les astronautes chinois seront en mesure de se poser sur la lune au cours de la prochaine décennie», estime le jeune homme qui n’a pas souhaité donner son nom complet.

   Des humains sur la Lune

La Chine espère lancer sa première mission habitée vers la Lune d’ici 2030. Elle prévoit également de construire une base lunaire.

La mission Chang’e-6 s’inscrit dans le cadre de l’ambitieux programme lunaire chinois.

Parmi ses principaux faits d’armes, il a réussi à poser sans encombre un engin sur la face cachée de la Lune en 2019 – une première mondiale.

En 2020, il a également ramené des échantillons lunaires, de la face visible de l’astre, ce qui constituait alors une première pour un pays depuis plus de 40 ans.

La Chine a considérablement développé ses programmes spatiaux sous la présidence de Xi Jinping, injectant des milliards de dollars dans ce secteur afin de rattraper les leaders américain et russe.

Elle a déjà enregistré plusieurs succès, notamment la construction de la station spatiale Tiangong («Palais céleste») où a été envoyé en avril un nouvel équipage de trois astronautes.

Les États-Unis accusent le programme spatial chinois de cacher des objectifs militaires et de vouloir assurer une domination de Pékin dans l’espace.

Washington prévoit d’envoyer à nouveau des astronautes sur la Lune d’ici 2026 avec sa mission Artémis 3.

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