jeudi 25 avril 2024

le président Nicolas Maduro accusé de choisir ses rivaux

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Maria Corina Machado,La principale opposante vénézuélienne, rendue inéligible par le pouvoir a pris ses distances avec la seule candidature d’un poids lourd de l’opposition acceptée par le Conseil national électoral (CNE) pour affronter le président sortant Nicolas Maduro le 28 juillet, accusant le pouvoir d’avoir «choisi» ses rivaux.

Inéligible, accusée par le pouvoir de corruption et de soutenir une invasion étrangère –ce qu’elle a toujours nié– Mme Machado avait choisi une philosophe universitaire inconnue en politique, âgée de 80 ans, pour la remplacer.

Toutefois, la coalition de l’opposition Plateforme unitaire démocratique (PUD) n’a pas réussi à l’inscrire sur le site du CNE avant la fin du délai pour la présentation des candidatures lundi à minuit.

Des nombreux observateurs et opposants estiment que le CNE, souvent accusé d’être aux ordres du pouvoir, a délibérément bloqué la candidature de Corina Yoris.

Vieux routier de la politique, Manuel Rosales, 71 ans déjà candidat face à Hugo Chavez en 2006 et gouverneur de l’État pétrolier de Zulia (nord-ouest), a pu s’inscrire avant l’heure limite de clôture des candidatures.

Mais il est loin de faire l’unanimité dans l’opposition où on lui reproche ses contacts réguliers avec Maduro depuis qu’il est redevenu gouverneur en 2021.

Lundi, le président a été accompagné par une marée rouge de plusieurs milliers de partisans, pour déposer sa candidature en grande pompe avec discours et musique.

Nicolas Maduro, 61 ans, est l’héritier du «chavisme» pour un «socialisme du XXIe siècle» basé sur des nationalisations, une forte présence de l’État et de l’appareil militaire.

Plus de 60 pays, dont les États-Unis, n’avaient pas reconnu sa réélection en 2018, boycottée par l’opposition. Cette non-reconnaissance avait débouché sur des sanctions économiques visant notamment le secteur pétrolier du pays, qui dispose des plus grandes réserves d’or noir de la planète.

Le pouvoir peut en tout cas se frotter les mains des divisions de l’opposition avant le scrutin à un seul tour.

Pour le politologue Yoel Lugo, «le pire scénario pour l’opposition est de maintenir le ton de tension interne qui, avec la division et la démoralisation, est l’équation parfaite pour la démobilisation de l’opposition. C’est justement la stratégie qui permet à Nicolas Maduro de rester au pouvoir».

«Maduro sait qu’il perd face à tout candidat de l’opposition qui réalise l’unité (de l’opposition). C’est pourquoi la meilleure stratégie est l’unité autour du changement, et non envers une personne en particulier», estime-t-il.

Le CNE n’a pas encore diffusé la liste des postulants inscrits. Pour le moment, au moins neuf autres candidats qui se présentent comme opposants, mais considérés par l’opposition comme des «scorpions» collaborateurs, sont inscrits.

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