dimanche 21 avril 2024

Le Maroc joue un rôle majeur dans la lutte contre l’islamophobie

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Le Maroc, de par la place dont il jouit dans le monde arabo-musulman, joue un rôle majeur dans la lutte contre l’islamophobie, a souligné Khalid Hajji, professeur à la Faculté des Lettres et des Sciences humaines – Université Mohammed 1er d’Oujda.

« Certes, le Maroc, de par la place dont il jouit dans le monde arabo-musulman qui repose sur des assises religieuses solides, et qui se revendique d’un islam modéré et clairvoyant, joue un rôle majeur dans la lutte contre l’islamophobie », a indiqué M. Hajji, dans une interview accordée à la MAP à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’islamophobie.

Cette journée a été proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 15 mars 2022 via une résolution présentée par l’Organisation de Coopération Islamique.

Le Maroc était activement engagé dans le processus de négociation de cette résolution, qui appelle notamment à renforcer les efforts internationaux pour favoriser un dialogue mondial sur la promotion d’une culture de tolérance et de paix à tous les niveaux, fondée sur le respect des droits de l’homme.

Le Royaume dispose de tous les atouts pour s’imposer comme « médiateur » entre les deux mondes, le monde de l’Islam et le monde occidental, a tenu à préciser l’ex-secrétaire général du Conseil européen des Oulémas marocains (CEOM).

La tâche n’est pas facile, a-t-il dit, notant que la crédibilité dont jouit l’institution d’ »Imarat Al-Mouminine » auprès des interlocuteurs notamment européens et américains contribue à créer un espace de dialogue entre les deux mondes, particulièrement face à un foisonnement d’acteurs aux compétences enchevêtrées, voire une divergence des agendas, des objectifs et des intérêts.

Au sujet de l’islamophobie, M. Hajji estime que ce phénomène se radicalise davantage en fonction du nombre d’agressions contre les Musulmans, que ce soit en Europe ou aux États Unies d’Amérique.

« Les islamophobes contribuent, par leur incitation à la haine des musulmans, à saper la cohésion sociale au sein des sociétés occidentales et à détruire les valeurs du vivre ensemble », met en garde l’ex-président du Forum de Bruxelles pour la sagesse et la paix mondiale.

Pour lui, la montée du radicalisme en Occident découle d’un sentiment profond de malaise, faisant savoir que “la haine de l’Islam et des musulmans n’est qu’un catalyseur qui justifierait l’action désespérée d’une société à bout de souffle, que ce soit au niveau des valeurs ou au niveau des récits susceptibles de rénover le modèle occidental de civilisation”.

Il estime en outre que le Brexit a plongé l’Europe dans une atmosphère propice aux idéologies souverainistes et à toutes sortes de replis identitaires.

« Si l’Europe avait coutume de prêcher ses valeurs en dehors de ses frontières, à présent elle rallie ses forces autour d’un discours qui prône la fermeture des frontières comme moyen de protéger ces mêmes valeurs qui étaient naguère dites universelles », a-t-il relevé.

« L’ignorance de l’Islam est flagrante », a-t-il tranché, notant par ailleurs qu’il y a des phénomènes relevant de la sociologie de l’islam qui peuvent être source de malaise et de problèmes, et qui à ce titre peuvent être sujets à débats, qui doivent être analysés, critiqués, voire même pris à bras le corps par le législateur.

Et M. Hajji de conclure : « Cela étant dit, rien ne justifie les dérapages des discours médiatiques qui font montre d’une extrême méconnaissance de l’islam, de sa civilisation, et de ses valeurs ».

La résolution onusienne proclamant la Journée internationale de lutte contre l’islamophobie invite tous les États membres, les organisations compétentes du système des Nations Unies, les organisations internationales et régionales, la société civile, le secteur privé et les organisations confessionnelles à organiser et à soutenir divers événements à haute visibilité visant à accroître efficacement la sensibilisation à tous les niveaux à la lutte contre l’islamophobie, et de célébrer la Journée internationale de manière appropriée.

Le texte réitère aussi que le terrorisme, sous toutes ses formes et manifestations, ne peut et ne doit être associé à aucune religion, nationalité, civilisation ou groupe ethnique.

La résolution encourage les activités visant à promouvoir le dialogue interreligieux et interculturel afin de renforcer la paix et la stabilité sociale, le respect de la diversité et le respect mutuel et de créer, au niveau mondial, mais aussi aux niveaux régional, national et local, un environnement propice à la paix et à la compréhension mutuelle.

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