mardi 23 avril 2024

Voici les détails sur le recours des agriculteurs marocains à la justice contre des saboteurs en Espagne

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Le sujet des agressions et des actes de vandalisme visant les camions marocains en Europe a atteint la justice, suite à une plainte déposée devant le tribunal de Madrid, le jeudi 29 février 2024.

Un cabinet d’avocats de France a été mandaté pour défendre les victimes, et une enquête sera ouverte sur la plainte dirigée contre les actes de vandalisme et déposée devant la justice à Madrid, où se trouve le représentant du cabinet d’avocats sollicité par la Confédération Marocaine de l’Agriculture et du Développement Rural (COMADER), qui regroupe sous son égide les fédérations et associations marocaines actives dans la production et l’exportation de produits agricoles.

La Confédération a recouru à la justice car elle a trouvé que c’était la seule solution, comme l’a confirmé son président, Rachid Benali, dans une déclaration à SNRTnews, où il a indiqué que l’objectif est « la justice et la réhabilitation ».

Cette démarche intervient alors que le gouvernement, de son côté, a recouru aux canaux diplomatiques, comme l’a confirmé le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baïtas, lors du point de presse tenu, jeudi 29 février 2024.

Dans ce sens, M. Benali a déclaré que « ce qui nous importe n’est pas le nombre de camions vandalisés, mais notre réputation après les allégations selon lesquelles les produits marocains sont ‘insalubres’ et ‘interdits’. Nous pensons à l’avenir, et si des problèmes internes existent là-bas, ils ne peuvent pas nous être imputés ».

Il a également ajouté : « Nous avons recouru à un cabinet d’avocats en France, qui a son représentant en Espagne, et l’idée est venue après avoir convenu que la seule solution était de recourir à la justice pour affirmer que ce qui est promu est incorrect, et aussi pour dire que s’il y a des preuves de ce qu’ils disent, qu’ils les apportent ». Il a indiqué dans ce contexte « qu’un journal avait publié un article parlant de la présence de substances interdites dans les camions marocains, et que le Maroc était parmi les pays qui les utilisent, mais finalement, il s’est avéré que ce qu’ils disaient n’était pas vrai ».

Le président de la COMADER a souligné que ce sont les camions immatriculés au Maroc qui sont sujets au vandalisme, contrairement aux camions européens transportant des marchandises marocaines. « Nous n’avons aucun problème avec aucun pays, mais avec ceux qui vandalisent nos biens, qu’ils soient agriculteurs ou autres, surtout que cela a coincidé avec l’approche des élections européennes et la formation de deux nouveaux gouvernements en France et en Espagne », A cet effet, M. Benali estime que cela à « un impact politique plus qu’économique ».

Pour rappel, la COMADER a indiqué, dans un communiqué publié hier, que les attaques acharnées des agriculteurs espagnols sur les camions de transport contre les produits agricoles marocains exportés vers l’Union Européenne se sont multipliées ces derniers jours et ont pris une ampleur inquiétante.

Elle a souligné que les produits agricoles marocains exportés vers l’Union Européenne dans le cadre de l’accord d’association, sont des produits qui répondent strictement, et sans aucune exception, aux exigences réglementaires des marchés de destination.

Ces produits marocains sont, selon la COMADER, « contrôlés par les autorités marocaines préalablement à leur exportation ainsi que par les autorités européennes avant leur entrée sur les marchés européens ».

Toujours selon la même source, « ces attaques récurrentes qui portent préjudice aux relations commerciales exemplaires entre le Maroc et l’Union Européenne sont accompagnées d’une stigmatisation médiatique inédite, dont les agriculteurs marocains sont les victimes collatérales ».

D’autre part, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a affirmé lors d’une conférence de presse avec son homologue français Stéphane Séjourné, lundi 26 février 2024 à Rabat, que « l’Union Européenne a un excédent commercial avec le Maroc d’environ 600 millions d’euros, car elle exporte massivement vers le Maroc des produits agricoles, des céréales, et bien d’autres. »

Le ministre des Affaires étrangères a considéré ainsi que la pression sur les produits en provenance du Sud n’est pas logique, soulignant l’initiative européenne d’échange libre. Le ministre a ajouté que l’Union Européenne réalise un excédent estimé à 10 milliards d’euros dans le Maroc.

Dans ce sillage, Nasser Bourita a souligné que « les accords commerciaux entre le Maroc et l’Union Européenne reposent sur des normes strictes, négociées avec soin pour atteindre un équilibre entre les intérêts de toutes les parties ».

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