mardi 16 avril 2024

Une éruption titanesque de trou noir a créé 19 amas géants d’étoiles !

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Les trous noirs supermassifs croissent avec les galaxies et il apparaît de plus en plus clairement qu’ils peuvent aider ou empêcher la formation d’un grand nombre d’étoiles dans les galaxies qui les hébergent en leurs cœurs. Un nouvel exemple vient d’être donné en étudiant les traces de ce qui a été l’une des plus grandes éruptions produites par un trou noir supermassif il y a presque 4 milliards d’années.

Lorsque l’on pense aux trous noirs, et en particulier à ceux qui sont supermassifs et qui contiennent au moins un million de masses solaires et parfois plus de 10 milliards, on pense à des monstres cosmiques qui dévorent des étoiles ou des courants de matière intergalactiques. Dans les deux cas, il se forme des disques d’accrétion autour des trous noirs géants où la matière en tombant en spirale dans un disque produit des forces de frottement à cause de la viscosité du gaz. La chaleur libérée peut être si importante que le gaz devient un plasma à très haute température et qui rayonne donc copieusement dans le domaine des .

La matière ne tombe pas sur n’importe quel trou noir, mais sur un trou noir dit de Kerr en rotation. Des processus de magnétohydrodynamique complexes, comme ceux à la surface du , se produisent également dans le disque formant un anneau autour du trou noir ou dans la partie plus interne du flux de matière, qui donnent naissance à des jets de particules mais aussi parfois à des instabilités source d’énormes éruptions cousines de celles du Soleil.

   Un trou noir dans une galaxie géante au cœur d’un amas de galaxies

Une équipe d’, a fait savoir via un article sur arXiv qu’elle avait découvert l’une des éruptions d’un trou noir les plus puissantes jamais enregistrées. Paradoxalement, la force destructrice de cette méga-explosion est devenue une force créative en provoquant indirectement l’ de plusieurs  de gaz et de poussières il y a plusieurs milliards d’années, donnant naissance à 19  d’.

Sur les images obtenues et qui combinent des observations à plusieurs , ces superamas sont disposés en forme de « S » qui ressemblent à des perles sur un fil. Ces images montrent l’amas de  SDSS J1531+3414 (SDSS J1531 en abrégé) tel qu’il était il y a 3,8 milliards d’années, environ 200 millions d’années après la super-éruption.

Elle s’est produite autour d’un des  se trouvant dans deux des galaxies géantes que l’on trouve généralement au cœur des amas et qui en l’occurrence sont observées alors qu’elles sont en collision. Dans le cas présent, plusieurs instruments ont été utilisés, notamment le  X-ray Observatory de la  et le Low Frequency Array (Lofar), un .

Grant Tremblay, qui a participé  à cette étude, résume la découverte dans un communiqué de la Nasa en ces termes : « Nous avons reconstitué une séquence probable d’événements dans cet amas qui se sont produits sur une vaste gamme de distances et de temps. Tout a commencé avec un trou noir d’une infime fraction d’ de diamètre, formant une cavité de près de 500 000 années-lumière de large. Cet événement unique a déclenché la formation de jeunes amas d’étoiles près de 200 millions d’années plus tard, chacun faisant quelques milliers d’années-lumière de diamètre. »

L’éruption semble avoir été accompagnée de l’ d’un jet de matière qui a repoussé le gaz environnant autour des deux galaxies centrales, produisant donc une cavité géante dans le milieu intergalactique de l’amas. Lofar montre des ondes radio provenant des restes de particules énergétiques du jet remplissant la cavité géante.

Pour les , en se basant sur les observations de l’Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (en abrégé Alma), installé dans le  d’Atacama dans le nord du Chili, et du  Gemini North sur le mythique Mauna Kea, le  bouclier endormi des États-Unis situé sur l’île d’Hawaï, le gaz chaud chassé par l’éruption du trou noir s’est refroidi ensuite.

  Des superamas d’étoiles créés par des forces de marée et des jets de matière

Il s’est effondré gravitationnellement plus tard, non pas sous l’effet de la compression d’une onde de choc produite par l’éruption du trou noir mais en raison des forces de marée des deux galaxies. C’est de cette façon qu’ils arrivent à expliquer que les superamas d’étoiles soient rassemblés comme des perles sur un collier en formant un S.

Dans le même communiqué, Osase Omoruyi, qui a dirigé l’étude au Centre d’ | Harvard & Smithsonian (CfA), déclare : « Nous pensons que nos preuves de cette énorme éruption sont , mais davantage d’observations avec Chandra et Lofar permettraient de confirmer l’affaire. Nous espérons en savoir plus sur l’origine de la cavité que nous avons déjà détectée et retrouver celle attendue de l’autre côté du trou noir. »

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