mercredi 24 avril 2024

L’Allemagne dit officiellement oui à la légalisation du cannabis

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Acheter du cannabis ou en cultiver chez soi pour son bon plaisir, ce sera possible dès le 1er avril en Allemagne, où le parlement a définitivement voté vendredi, après d’intenses débats, une des législations les plus libérales d’Europe.

Cette loi phare pour le gouvernement du chancelier social-démocrate (SPD) Olaf Scholz a été adoptée – 407 voix pour, 226 voix contre -, après avoir fait l’objet de nombreuses critiques et d’un débat houleux au Bundestag, la chambre basse du parlement.

La réglementation prévoit d’autoriser l’achat de cannabis en quantité limitée de 25 grammes par jour maximum par le biais d’associations à but non lucratif. Il sera également possible de cultiver jusqu’à trois plants pour son propre usage.

La possession et la consommation de cette drogue resteront toutefois formellement interdites pour les jeunes de moins de 18 ans.

«Légalisez le chanvre !»

Avec cette nouvelle loi, l’Allemagne emboîte le pas à Malte et au Luxembourg, qui ont légalisé le cannabis récréatif respectivement en 2021 et en 2023.

«La situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement n’est en aucun cas acceptable», a déclaré avant le vote le ministre de la Santé et médecin Karl Lauterbach (SPD), évoquant un «marché noir criminel préoccupant» et défendant bec et ongles son texte face aux assauts de la droite (CDU) et de l’extrême droite (AfD).

Pour la députée CDU Simone Borchardt, cette loi est «une perche tendue à chaque dealer».

Les Verts ont appelé à «légaliser le chanvre», une revendication de longue date de certains courants du parti ayant même figuré dans une chanson allemande éponyme, populaire dans les années 2000, qui mêlait à des rythmes reggae la voix d’une figure du parti écologiste, Hans-Christian Ströbele.

Ce texte a fait l’objet de dissensions au sein du gouvernement tripartite : des résistances sont apparues parmi les sociaux-démocrates (SPD, le parti du chancelier), tandis que les Verts et les libéraux du FDP, leurs partenaires au sein du gouvernement, se sont montrés plutôt favorables.

Cette réforme a par ailleurs suscité de nombreuses critiques, notamment de la part des associations médicales et du pouvoir judiciaire.

La loi actuelle prévoit une amende et, dans les cas les plus graves, jusqu’à des peines de prison, pour possession de cannabis.

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