jeudi 22 février 2024

Découverte de cartes astronomiques fabriquées il y a 2 500 ans

-

Au nord de l’Italie, des archéologues ont exhumé deux disques de pierre en haut d’une colline. Abrités derrière les vestiges d’un mur d’enceinte antique, les artefacts ont été attentivement étudiés par les scientifiques. Ces derniers ont déterminé que l’un représentait le Soleil, l’autre symbolisait une carte du ciel montrant les constellations alors visibles durant l’Antiquité.

Derrière les fortifications d’un vieux château au nord-est de l’Italie se cachait un objet archéologique digne d’intérêt. Des fouilles menées au nord de Trieste, sur le site de Castelliere di Rupinpiccolo, ont mené à la découverte de deux cartes astronomiques anciennes. Dans une étude publiée dans Astronomical Notes le 22 novembre dernier, deux archéologues détaillent les caractéristiques de leur trouvaille singulière. Car les cartes retrouvées sur les hauteurs de la côte Adriatique datent du IVe siècle avant J.-C. et sont gravées dans deux pierres circulaires.

   Le ciel était attentivement scruté durant la protohistoire

Les deux pierres trouvées sur la colline de Rupinpiccolo font 50 centimètres de diamètre pour 30 centimètres de profondeur. La première est une représentation du Soleil, tandis que la seconde apparaît constellée de points. Les scientifiques ont d’abord essayé de déterminer si ces marques étaient dues à l’érosion. Sur la surface plate du disque, les archéologues ont compté 24 trous sur le recto, qu’ils ont divisé par groupes. Cinq marques supplémentaires étaient relevées au verso.

Devinant une disposition symbolique, un petit groupe de scientifiques s’est alors constitué pour déchiffrer le disque en pierre. Des astronomes sont parvenus à établir l’utilité des gravures : elles représentent une carte de la voûte céleste. Les 24 marques symbolisent trois constellations et un amas d’étoiles. Les chercheurs ont identifié Cassiopée, le Scorpion, Orion et les Pléiades. Le site Archeo News rapporte que les astronomes ont procédé à une simulation sur Stellarium pour réussir à établir la position exacte des étoiles dans le ciel nocturne il y a 2 500 ans en Europe de l’Ouest. Depuis la colline sur laquelle a été construit le mur d’enceinte, une étoile aujourd’hui invisible car trop basse à l’horizon était alors observable. Nommée Theta Scorpii, le fait que sa position sur la pierre concorde avec la disposition sur Stellarium renforce notablement la thèse d’une carte céleste.

   L’établissement des Illyriens durant l’Antiquité

Les cartes de Rupinpiccolo sont une formidable opportunité de comprendre l’avancement de la société en Italie, quatre siècles avant notre ère. La carte a été creusée grâce à un marteau et un burin dont la pointe de six à sept millimètres a permis d’obtenir un résultat aussi fin. À quelques kilomètres au sud de Trieste, sur le site frontalier du castelliere d’Elleri, les archéologues avaient mis la main sur un outil analogue, forgé dans le bronze.

À la fin de l’âge de bronze, plusieurs peuplades s’établissaient dans le nord-est de l’Italie, issues de la culture illyrienne. Les Illyriens s’étendaient alors du nord de la Grèce à l’actuelle Vénétie. Leur histoire est faiblement commentée, seuls quelques écrits épars tels que ceux de Thucydide faisant état de sociétés vivant au nord du continent, avec des coutumes bien différentes de celles des Grecs. Les fouilles du Castelliere di Rupinpiccolo permettent ainsi de lever le voile sur certaines de leurs coutumes et connaissances. Les astronomes ont toutefois remarqué la présence d’une marque non identifiée. Une hypothétique supernova encore inconnue à ce jour mais visible de nos lointains ancêtres ? L’enquête continue pour percer le mystère.

- Advertisment -