mardi 27 février 2024

Israël-Hamas: fin de la trêve, les combats reprennent à Gaza

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La trêve, qui durait depuis huit jours et avait permis la libération d’otages israéliens et de prisonniers palestiniens, n’a pas été prolongée. L’armée israélienne a recommencé à frapper l’enclave palestinienne

La trêve qui durait depuis huit jours n’a pas été prolongée. Alors que les tractations se poursuivaient tôt ce vendredi 1er décembre pour sa reconduction, l’armée israélienne a annoncé vers 6 h 30 avoir « repris le combat » contre le Hamas dans la bande de Gaza. Les termes de l’accord prévoyaient un cessez-le-feu jusqu’à 7 heures. Des frappes aériennes et des tirs d’artillerie ont été observés en suivant contre l’enclave palestinienne, alors que les sirènes d’alerte à la roquette retentissaient dans plusieurs localités israéliennes proches de ce territoire.

Une reprise des hostilités qui a provoqué pour l’heure la mort de 29 Palestiniens, dont des enfants, tués dans des raids aériens israéliens, a indiqué le ministère de la Santé du Hamas.

Dans le même temps, les négociations avec les médiateurs qatari et égyptien se poursuivent en dépit de la reprise des combats sur le terrain, a indiqué une source informée des tractations. «Les négociations sur la trêve à Gaza avec les médiateurs du Qatar et de l’Egypte se poursuivent», a déclaré cette source sous le couvert de l’anonymat, après une nuit d’intenses tractations.

Auparavant, la trêve dans les combats dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas avait permis la libération dans la nuit de prisonniers et d’otages. Six Israéliens ont été libérés par le Hamas, après deux autres en journée, et sont rentrés en Israël. Dans la foulée, Israël a libéré trente Palestiniens, tous des femmes et des mineurs détenus dans des prisons israéliennes.

Preuve de cette nouvelle montée des tensions, l’armée israélienne a annoncé avoir intercepté un tir de roquette depuis la bande de Gaza à une heure environ de l’échéance de la trêve.

Tirs de roquettes

Cette organisation, considérée comme terroriste par les États-Unis, l’Union européenne et Israël notamment, s’était pourtant dite prête jeudi à prolonger la trêve dans la bande de Gaza, après un appel du secrétaire d’État américain Antony Blinken à poursuivre la pause des combats. Cette dernière, déjà prolongée deux fois depuis son entrée en vigueur le 24 novembre, avait mis fin à sept semaines de bombardements israéliens dévastateurs sur le territoire palestinien assiégé, en représailles à l’attaque sanglante lancée le 7 octobre par le Hamas sur le sol israélien.

L’armée israélienne a estimé qu’environ 240 personnes avaient été prises en otage et emmenées dans la bande de Gaza lors de cette attaque, qui a fait environ 1 200 morts en Israël, en majorité des civils, selon les autorités.

En représailles de cette attaque, Israël a promis d’« anéantir » le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007, pilonnant le territoire palestinien et lançant le 27 octobre une offensive terrestre qui a duré jusqu’au début de la trêve. D’après le gouvernement du Hamas, plus de 15 000 personnes, dont au moins 6 150 enfants et jeunes âgés de moins de 18 ans, ont péri dans les frappes israéliennes.

Âgée de 21 ans et enlevée au festival de musique Tribe of Nova le 7 octobre, Mia Shem a été libérée ce jeudi par le Hamas. Sa famille n’avait cessé de se battre pour sa libération

La trêve, négociée par le Qatar, les États-Unis et l’Égypte, avait permis la libération de 80 otages israéliens, des femmes et des enfants, et de 240 prisonniers palestiniens. Une vingtaine d’étrangers ou binationaux, en majorité des Thaïlandais travaillant en Israël, ont également été libérés hors du cadre de l’accord. En échange pour le Hamas de la libération de trois fois plus de prisonniers palestiniens.

Catastrophe humanitaire

Sur la base de documents internes, le New York Times soutient d’ailleurs vendredi que des responsables israéliens avaient obtenu plus d’un an à l’avance le plan du Hamas visant à mener une attaque sans précédent contre Israël, mais avaient jugé ce scénario irréaliste.

Malgré la discrétion réclamée par les autorités israéliennes, des détails émergent sur la façon dont ont été traités dans la bande de Gaza les otages enlevés lors de l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre

L’accord de trêve a aussi permis d’accélérer l’arrivée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, où de longs convois de camions sont encore entrés jeudi depuis l’Égypte. Les besoins sont immenses dans le territoire déjà soumis à un blocus israélien depuis 2007 et placé depuis le 9 octobre en état de siège total par Israël.

Selon l’ONU, 1,7 million de ses 2,4 millions d’habitants ont été déplacés par la guerre, et plus de la moitié des logements endommagés ou détruits. Plusieurs centaines de milliers de civils ont fui le nord du petit territoire, dévasté par les combats, pour chercher refuge dans le sud.

Des milliers d’entre eux ont profité de la trêve pour rentrer chez eux dans le nord, ignorant l’interdiction de l’armée israélienne qui y a pris le contrôle de plusieurs secteurs.

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