mardi 27 février 2024

Cactus résistant à la cochenille à Doukkala : un projet au service du développement agricole local

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Suite à l’épidémie de cochenille, cet insecte ravageur qui, depuis son apparition en 2014, est venu à bout de la quasi-totalité des cultures de cactus au Maroc estimée à des dizaines de milliers d’hectares, autorités compétentes, experts, agriculteurs et acteurs associatifs ont mis la main dans la main pour trouver une solution à ce fléau.

À cet effet, un projet de reconstitution des plantations de cactus dans la région des Doukkala, « épicentre » de cette épidémie, a été lancé dans le territoire de la commune rurale de Boulaouane, relevant d’Oulad Frej (province d’El Jadida), avec pour objectif ambitieux de contribuer au développement agricole local.

Grâce à l’identification de plants résistants, la Direction régionale de l’agriculture de la région de Casablanca-Settat a lancé, à partir de juin dernier, le projet de reconstitution des plantations de cactus dans la région des Doukkala, après que celles-ci aient été complètement éradiquées par la cochenille.

Fathallah Fennich, chef de l’arrondissement de développement agricole d’Oulad Frej, relevant de l’Office régional de mise en valeur agricole des Doukkala, a indiqué, dans une déclaration à la MAP, que le projet de reconstitution des plantations de cactus s’inscrit dans le cadre de l’introduction de nouvelle variétés de cactus résistants à la cochenille au niveau de la commune rurale de Boulaouane.

Rappelant que l’Institut national de recherche agronomique (INRA) a réussi à identifier 8 variétés résistantes audit insecte, M. Fennich a précisé que l’arrondissement agricole d’Oulad Frej a bénéficié de 3 variétés qui seront cultivées pendant trois ans sur une superficie de plus de 500 hectares.

Le chef de l’arrondissement de développement agricole d’Ouled Afrag a expliqué, dans ce sens, que l’Office régional de mise en valeur agricole des Doukkala, en coordination avec l’une des coopératives agricoles de Boulaouane, a pu planter 130 hectares au cours de l’année 2023 au profit de 63 agriculteurs, en plus du projet de plantation de 155 hectares prévu l’année prochaine, alors que le reste de la superficie programmée sera planté au cours de la troisième saison.

Le but de cette opération est d’œuvrer à la relance de ce type de culture, qui n’est plus considérée comme une culture marginale, mais est devenue, grâce aux plans Maroc Vert, puis Génération Green, l’un des piliers du développement agricole local, a-t-il poursuivi.

Le projet de plantation de cactus a suscité un grand intérêt de la part des agriculteurs de Boulaouane, d’autant plus que cette commune dispose de terrains qui ne sont pas tous adaptés à la culture de céréales, mais qui conviennent, en grande partie, à des cultures alternatives et génératrices de revenus, notamment des arbres fruitiers comme les figuiers, les oliviers, les grenadiers et les cactus résistants à la sécheresse.

Dans une déclaration similaire, Hassan Hamrour, président de la coopérative Khair Mabrouka, a affirmé que les agriculteurs ont manifesté un intérêt particulier à la culture du cactus, s’engageant ainsi à compenser la culture des céréales de moins en moins fiable à cause des années successives de sécheresse.

M. Hamrour a ajouté que plus d’une cinquantaine d’agriculteurs de la région de Boulaouan ont commencé à travailler la terre en février 2023, et ont bénéficié de l’opération de stabilisation des plants en juin dernier.

Pour sa part, Mustapha Kharbouch, secrétaire général de la coopérative Khair Mabrouka, a relevé que le projet de relance de la culture du Cactus, disparu de la région depuis environ 8 ans, a été lancé par la plantation de 130 hectares, ajoutant que la coopérative a procédé à l’inscription d’un autre lot d’agriculteurs afin de planter 155 hectares supplémentaires au cours de l’année prochaine.

M. Kharbouch a noté que le projet ambitionne de redonner vie à cette culture enracinée dans les Doukkala, mais éradiquée à cause de la cochenille.

Dans ce contexte, il a appelé à la création d’une unité de valorisation du produit attendu, à mettre en place des routes reliant les montagnes et les plateaux de cactus cultivés, et à trouver une solution alternative radicale au problème de la sécheresse.

À noter que la Direction régionale de l’agriculture de la région de Casablanca-Settat a développé un ambitieux programme de reconstitution des cactus dans la région des Doukkala (El Jadida et Sidi Bennour), convaincue de l’importance et de la valeur ajoutée des cactus sur les plans écologique, socio-économique, mais également nutritionnel et sanitaire (industrie cosmétique et thérapeutique).

La culture du cactus se caractérise par son adaptation au climat sec et chaud et aux sols pauvres, le cactus étant également utilisé comme alternative pour l’alimentation du bétail.

Par ailleurs, la Direction régionale de l’agriculture a mis en place, au Centre de production des semences pastorales d’Oulad Frej, une plateforme de multiplication du cactus résistants à la cochenille sur une superficie de 27 hectares, équipée d’un système d’irrigation local et permettant un suivi minutieux des plants, dont le nombre a dépassé les 2,4 millions entre 2021 et 2023.

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