mardi 27 février 2024

Expert : Le Maroc, un leader régional dans la transition énergétique

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L’engagement profond du Maroc en faveur du développement durable et de la résilience climatique en fait un leader régional en matière de transition énergétique, a souligné l’expert international en questions environnementales, El Khalil Cherif.

« Le Maroc a entrepris des actions significatives à travers sa Contribution déterminée au niveau national (CDN) pour répondre aux défis urgents du changement climatique. Ces efforts positionnent le Royaume en tant que leader régional dans la transition énergétique », a affirmé le spécialiste dans un entretien accordé à la MAP, à la veille de l’ouverture des travaux de la COP28 à Dubaï.

La diversification des sources d’énergie est un pilier central de cette contribution, avec des objectifs ambitieux visant à atteindre 52% de la puissance électrique installée à partir de sources renouvelables d’ici 2030, a-t-il indiqué.

Mais la CDN ne se limite pas à l’électricité, relève l’expert en environnement, télédétection et système d’information géographique, soulignant que le secteur industriel, en particulier les phosphates, joue un rôle central, représentant 27,5% des objectifs nationaux d’atténuation d’ici 2030.

Dans le domaine de l’agriculture, la CDN vise à moderniser le secteur, augmenter le PIB agricole et améliorer les revenus des agriculteurs, a-t-il poursuivi, mettant en avant les multiples programmes au cœur de ces initiatives, tels que la plantation, la promotion de l’agriculture biologique et une gestion efficace des ressources naturelles, contribuant ainsi à renforcer la résilience face au changement climatique.

Au Maroc, le secteur des transports est également une priorité, avec des objectifs visant à réduire la consommation d’énergie et à mettre en place des moyens de transport public urbain alimentés par des énergies renouvelables, a-t-il fait observer, ajoutant que ces mesures s’inscrivent dans une vision plus large de transformation du secteur des transports en un contributeur majeur à la réduction des émissions.

L’expert a également évoqué la gestion des déchets, un autre aspect essentiel de la CDN, avec des objectifs spécifiques de recyclage et de valorisation énergétique.

« Ces initiatives ne visent pas seulement à réduire les émissions, mais contribuent également à promouvoir des pratiques durables, créant ainsi des emplois verts et stimulant l’économie circulaire », a-t-il noté.

Il a également mis en avant la vision globale du Royaume dans le domaine maritime côtier, grâce à l’application de la vision économique bleue et ses ambitions, incluant la création de nouveaux projets respectueux de l’environnement, l’augmentation de la production maritime sans surexploitation des ressources et la création d’emplois liés à l’économie bleue pour les jeunes.

Cependant, a relevé le chercheur à l’Institut des Systèmes et de la Robotique (ISR) au sein de l’Institut Supérieur-Tecnico de Lisbonne, des défis subsistent, notamment la perception tangible des changements climatiques avec une réduction des précipitations, une augmentation des températures et une accentuation de l’aridité.

Le ralentissement économique, accentué par la crise sanitaire de 2020, souligne l’importance d’une relance économique à long terme, intégrant la durabilité et la résilience climatique, a-t-il dit.

Pour garantir le succès continu de ces initiatives, M. El Khalil Cherif met l’accent sur l’impératif d’une coordination efficace entre les différentes politiques, programmes et réformes.

Le Maroc devra également maintenir un suivi rigoureux des progrès, en particulier avec la mise en œuvre de la plateforme de transparence MRV, pour ajuster et adapter ses stratégies en fonction des évolutions climatiques et économiques.

« Le Maroc progresse activement vers un avenir plus durable, mais une vigilance continue et une adaptation agile aux nouveaux défis seront essentielles pour assurer le succès à long terme de sa lutte contre le changement climatique », a-t-il conclu.

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