samedi 20 juillet 2024

Près de 200 espèces d’oiseaux utilisent nos déchets pour construire leurs nids

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Mégots de cigarettes, sacs ou ficelles en plastique, filets de pêche… Partout dans le monde, les oiseaux construisent leurs nids avec des matériaux produits et jetés par l’homme. Ce qui constitue un danger, notamment pour les poussins, mais peut aussi leur être bénéfique, selon une étude.

Les oiseaux ont appris à vivre avec nos montagnes de déchets en tout genre qui jonchent les plages, le bord des routes ou l’Everest. En épluchant plus d’un siècle de littérature scientifique, des chercheurs européens ont constaté que près de 35 000 nids de 176 espèces d’oiseaux présentes sur tous les continents excepté l’Antarctique contenaient des matériaux fabriqués par l’homme. Ce qu’ils rapportent dans une étude parue cette semaine dans une revue scientifique publiée par la Royal Society de Londres. Cela «suggère qu’un tel comportement est répandu chez les oiseaux, y compris les canards, oiseaux de proie, mouettes, cormorans et beaucoup d’oiseaux chanteurs», écrivent-ils par ailleurs dans un article publié dans The Conversation.

Les oiseaux s’en servent pour frimer

Les scientifiques ont été «surpris de découvrir que les premières observations de ce comportement ont été faites dès les années 1830». Ils ont identifié le plastique comme étant le plus utilisé, mais ont aussi relevé l’emploi de tissu, papier, métal et d’autres matériaux. Emballages de bonbons, mégots de cigarettes, ficelles en plastique… tout y passe. Les chercheurs ont constaté que ces déchets humains étaient davantage susceptibles d’être trouvés dans les nids d’espèces pour lesquelles la différence de taille entre les mâles et les femelles est la plus grande. Et chez celles qui construisent des nids complexes en forme de dôme.

Ce qui suggère que les matériaux humains «signalent la qualité des adultes reproducteurs et sont inclus intentionnellement dans les nids, les oiseaux s’en servant pour frimer», avancent les chercheurs. Autrement dit, les bouchons en plastique d’un rouge flamboyant ou d’un bleu électrique disposés dans ou autour du nid serviraient de signal à leurs congénères, en particulier à de potentiels partenaires. Un peu comme les bipèdes espérant épater la galerie avec leur voiture tape-à-l’œil ou leur villa cossue.

Risques pour les poussins

Autre «bénéfice important» et pour le moins surprenant que nos rebuts apporteraient aux volatiles : la nicotine contenue dans les mégots peut les protéger en éloignant les parasites suceurs de sang. Ceci dit, les scientifiques pointent aussi et surtout les risques associés à la construction de nids avec nos déchets. Les oiseaux, en particulier les poussins, risquent de s’empêtrer dans les ficelles voire de s’étrangler, de s’étouffer en avalant des débris, sont exposés aux produits toxiques qu’ils contiennent… Et les couleurs vives attirent les prédateurs voleurs d’œufs. Les chercheurs soulignent cependant qu’il est difficile de savoir précisément à quel point les oiseaux s’adaptent ou non aux environnements pollués, par manque de données.

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