mercredi 24 juillet 2024

Lettre Ouverte au Parlement européen: Omar Radi n’est autre que mon violeur

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Je m’appelle Hafsa BOUTAHER, je suis une journaliste marocaine, tout comme mon agresseur Omar RADI, je me permets de rédiger cette lettre ouverte pour attirer l’attention des personnes intéressées par mon affaire sur des faits que je considère gravissimes à savoir le déni total et délibéré qui entoure mon cas à l’opposé de mon violeur Omar RADI, dont tout le monde soutient son innocence malgré les faits avérés et prouvés lors du procès.

Omar Radi n’est autre que mon violeur, qui, abusant de sa « notoriété», et de sa position «auto-proclamée» de «journaliste d’investigation», s’est permis de m’agresser sexuellement, alors qu’il s’agit d’un collègue à qui j’éprouvais du respect.

Dans l’espoir de convaincre ces personnes, d’entendre ma voix de victime et d’arrêter de réserver leur intérêt à mon violeur, intérêt qui le hisse malencontreusement au rang de militant et défenseurs des droits de l’homme, je tiens à apporter la supplique suivante :

« C’est un choc brutal, une profonde blessure que j’ai ressentie lorsque mes nombreux soutiens m’ont fait savoir qu’ils avaient appris, par voie de presse que le 19 janvier 2023, mon violeur serait présenté devant une institution européenne qui se respecte comme une victime d’un déni de justice et que sa condamnation ne serait qu’une erreur de justice.

« De quelle erreur parle-t-on ? pourquoi un violeur serait récompensé au détriment de sa victime? », Pour quelle raison, mon statut de victime est dénié, ma voix de femme violentée est étouffée, et ma souffrance ignorée ? J’ai pu alors lire plusieurs publications qui annoncent cette funeste nouvelle. Quel combat justement sera-t-il enseigné aux femmes violées dont cette initiative serait une initiation aux valeurs humaines s’il sert alors à fouler du pied le martyre des femmes outragées par leurs bourreaux et stigmatisées par les acteurs censés les défendre, les protéger et leur rendre justice ?

Cela est pour moi une nouvelle souillure, un autre déni de ma condition de femme victime que de voir cet imposteur, fort de ses appuis blanchis de tous ses méfaits, se faufiler ainsi aux institutions internationales grâce au soutien inconditionnel de certaines ONG et personnes qui ont fait de Omar Radi leur « carte » pour régler leurs comptes politiques avec le Maroc. Quelle triste ironie, ne trouvez-vous pas ?

Serait-il ainsi concevable qu’un prédateur sexuel soit ainsi honoré par les pays des Droits de l’Homme ? Devrais-je comprendre que la parole d’une femme d’un pays étranger puisse être aussi inaudible en Europe ? Serez-vous de ceux qui participerez à l’escamoter ?

La décision de la Cour, qui permettra de lui accorder, injustement, le statut de victime sera un mépris manifeste pour le combat des femmes victimes de viol dans monde.

Sachez que je ne ménagerai aucun effort pour faire entendre ma voix de victime et d’expliquer que cet homme n’est pas seulement en délicatesse avec son pays pour des affaires qui ne me concernent pas, mais avant tout parce qu’il m’a violée et que j’ai eu le courage rare d’en avoir fait état publiquement jusqu’à le poursuivre en justice.

Je suis certaine que mon cri de détresse ne sera pas étouffé, et je crois encore que vous aurez la bonne grâce de m’entendre et de réagir en conséquence. La justice n’a pas encore dit son dernier mot, certes, mais l’écoute d’une victime est une priorité dans ce genre d’affaires. Les cas en Europe et ailleurs que le formidable mouvement mondial #MeToo a servi à libérer de l’épouvantable, pesant et infâme secret, en ont suffisamment prouvé l’impérieuse nécessité.

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