lundi 22 juillet 2024

Bourita: « Nous avons établi une feuille de route pour réduire le coût des transferts de la diaspora africaine »

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Le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidents à l’étranger, Nasser Bourita, a déclaré qu’il est nécessaire de s’adresser aux pays qui accueillent les immigrés africains d’une seule voix et d’un discours clair et orienté vers la réduction des coûts de transferts, et aussi d’influencer les décisions prises en Europe qui pourraient avoir un impact négatif sur ces transferts.

Bourita a affirmé, à l’issue du Forum de Rabat sur la réduction des coûts de transferts de fonds de la diaspora africaine, ce jeudi 12 janvier, auquel ont participé des ministres des Affaires étrangères et des responsables d’institutions financières africaines, qu’il y a une prise de conscience de l’importance des transferts de fonds des expatriés vers les économies africaines, sur laquelle il faut travailler pour la maximiser au service au développement.

Le forum a porté sur les moyens de réduire les coûts des transfert de fonds des expatriés africains qui aident leurs familles et leurs pays, car cela va au-delà de l’aide publique au développement à partir des pays riches et des investissements étrangers directs. Ces transferts justifient parfois la migration via laquelle certaines personnes cherchent à améliorer leur situation de vie et à exprimer leur solidarité avec leur famille par le biais des transferts.

Les envois de fonds vers l’Afrique ont doublé depuis 2009, pour atteindre environ 100 milliards de dollars, dont environ les trois quarts servent à fournir des denrées alimentaires ou à financer des dépenses de santé, d’éducation et de logement, selon des études menées par les Nations unies. Cependant, le coût de ces envois de fonds vers les pays africains est considéré comme très élevé, puisque le coût moyen d’envoi de 200 dollars par des expatriés africains était de 8%, contre 6,4% au niveau international, selon Nasser Bourita, qui a souligné lors du forum la nécessité de prendre des initiatives concrètes pour réduire ces coûts.

A l’issue du forum, Bourita a souligné qu’il y a des choses qui doivent être faites par rapport aux transferts entre Africains, et d’autres qui doivent être faites par rapport aux partenaires. Et de poursuivre que l’essentiel de la migration a lieu à l’intérieur de l’Afrique, ce qui nécessite des efforts au niveau de la législation, de la coordination et de la prise de décisions.

Le nombre d’expatriés africains est estimé à plus de 150 millions en 2021, dont les deux tiers sur le continent africain, qui, selon Bourita, représentent un facteur de valorisation de l’image de l’Afrique, et un moyen de s’enraciner dans le monde et enrichir le continent. Abordant les initiatives à prendre envers les partenaires, il a souligné que s’il n’y a pas d’action commune dans le cadre d’une concertation à s’adresser aux partenaires d’une seule voix, l’impact de l’importance que représente la diaspora africaine sera amoindri.

Bourita a estimé qu’il fallait s’adresser aux partenaires dont les pays accueillent les expatriés africains par un discours clair et justifié, soulignant que les initiatives de la présidence de l’Union africaine et de la présidence du Comité suprême pour l’agenda des diasporas africaines sont nécessaires pour régler ce qui est possible de régler à la fin de cette année, notamment en ce qui concerne les décisions en préparation en Europe qui auront un impact négatif sur les envois de fonds.

Le ministre a insisté sur la nécessité de maîtriser la dimension liée aux transferts de fonds et de ne pas dépendre des statistiques d’institutions extérieures à l’Afrique, considérant que tant que les données ne proviennent pas du continent, de nombreux angles d’analyse et de travail ne sont pas maîtrisés. Et de conclure que les conclusions du Forum de Rabat fournissent une feuille de route pour l’action, considérant qu’il existe aujourd’hui une connaissance de ce qui doit être fait, soulignant que l’objectif reste de savoir comment traduire la volonté en initiatives concrètes envers les partenaires.

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