samedi 3 décembre 2022

Décès de Youssef Al-Qaradawi, ex-président de l’Union Mondiale des Oulémas Musulmans

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Le prédicateur et ancien président de l’Union Mondiale des Oulémas Musulmans, Youssef al-Qaradâwî, est décédé ce lundi 26 septembre. , Indiquent des sources médiatiques citant des proches collaborateurs du religieux.

Youssef al-Qaradâwî est décédé à l’âge de 96 ans. Il est décédé après un long combat contre la maladie.

Le théoricien « semeur de discorde entre les musulmans » était entre la vie et la mort. En effet, le nonagénaire prédicateur égyptien établi au Qatar était atteint du Covid-19 et son état était «alarmant», depuis plusieurs mois.

Youssef Al-Qaradawi a joué un rôle prépondérant dans l’éclatement des soulèvements violents en 2011, à travers la chaîne de propagande qatarie Al-Jazeera. C’est lui qui a porté les Frères musulmans au pouvoir en Egypte avant que ceux-ci soient débarqués par l’armée quand celle-ci a découvert un plan visant à brader la souveraineté de l’Egypte au profit de Doha.

Al-Qaradawi etait persona non grata en Egypte où il lui était reproché de soutenir les groupes terroristes locaux et de «bénir» leurs attentats. Un avocat du nom de Samir Sabri a introduit, en avril 2017, une plainte auprès de la cour égyptienne de sûreté de l’Etat dans laquelle il accusait le protégé du Qatar d’être «le principal instigateur de tous les crimes terroristes qui ont eu lieu en Egypte».

Samir Sabri avait soutenu dans un communiqué adressé à la presse que Youssef Al-Qaradawi a clairement «autorisé» dans l’une de ses fatwas les opérations suicide. Selon l’avocat égyptien, le président de la Fédération mondiale des oulémas musulmans avait expliqué publiquement qu’«il est licite pour tout individu, ayant requis au préalable l’accord de son groupe, de se faire exploser dans le but de cibler les institutions de l’Etat dans lequel il vit, même si son action terroriste se solde par des victimes civiles».

Sur fond de crise diplomatique entre l’Arabie Saoudite et le Qatar, le prédicateur inféodé à Doha avait émis une fatwa décrétant que le hadj «n’est pas obligatoire». L’avis religieux d’Al-Qaradawi faisait suite à l’impact du conflit politique qui oppose les Al-Saoud aux Al-Thani et qui avait posé le problème de la participation des Qataris à ce rituel annuel, cinquième pilier de l’islam.

La rupture des relations décidée par le régime de Riyad, agacé par les velléités expansionnistes de son voisin aux ambitions démesurées, avait donné lieu à des interrogations sur le sort que le «serviteur» des deux Lieux Saints de l’islam allait réserver aux fidèles qataris souhaitant effectuer le déplacement à La Mecque pour y effectuer le pèlerinage. Le roi Salman avait assuré qu’il n’interdirait à aucun musulman d’accomplir son devoir religieux, laissant entendre qu’aucune restriction ne serait imposée aux ressortissants qataris. Mais le prédicateur égyptien avait répondu par un décret qui avait provoqué un tollé général, en estimant que rien n’obligeait le musulman à effectuer le cinquième précepte de l’islam.

Dans une interview «à cœur ouvert» à sa chaîne de prédilection, Al-Jazeera, le prédicateur égypto-qatari a avoué que «les insurrections des printemps arabes étaient d’essence islamique parce qu’elles revendiquaient la liberté, la dignité et la justice sociale, et c’est bien ce qu’enseigne l’islam», avait-il clamé. Dans le même sillage, il avait réitéré son soutien au président turc, Recep Tayyip Erdogan, en louant ses qualités d’homme «de réflexion et d’expérience» et «ouvert sur les autres».

Son ex-épouse algérienne avait, faut-il le rappeler, dévoilé les frasques du «cheikh». Asma Benkada, ex-députée, avait diffusé une lettre pleine de sous-entendus que son ex-futur époux lui avait envoyée cinq ans après leur première rencontre à Alger, au milieu des années 1980.

Une très longue prose dans laquelle le mufti des Frères musulmans lui déclarait sa flamme, en usant d’un vocabulaire emprunté aux grands bardes de la période antéislamique.

Aucun scrupule moral, ni religieux ne l’a empêché de donner libre cours à ses fantasmes et à décrire sa passion et son tourment avec les mots les plus expressifs et, parfois, les plus lascifs.

La destinataire de la missive enflammée du religieux avait vu dans cette «drague» une «tactique psychologique» de la part de son vieux «charmeur» pour tenter de l’influencer.

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