samedi 1 octobre 2022

Tunisie: les perspectives de croissance « très incertaines »

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La Banque mondiale (BM) a fait état dans son dernier bulletin de conjoncture dédié à la Tunisie, de perspectives de croissance « très incertaines » pour l’économie du pays.

« La guerre en Ukraine et l’accroissement des prix sur les marchés internationaux sont venus exacerber les vulnérabilités de l’économie tunisienne durant les premiers mois de 2022 », explique la BM.

Les conséquences du conflit russo-ukranien ont commencé à se faire sentir dans la mesure où le déficit commercial s’est creusé de 56% au premier semestre 2022, atteignant 8.1% du PIB, fait observer la même source.

Et d’ajouter que la baisse de la production de pétrole-gaz et l’augmentation de la demande de produits énergétiques et agricoles ont aggravé la vulnérabilité de la balance commerciale aux aléas des marchés internationaux.

L’explosion de la facture d’importation, selon la BM, a causé des signes de détresse de la balance des paiements malgré la résilience de flux de capitaux de l’extérieur, tandis que « les pressions sur le dinar par rapport au dollar se sont accrues mais le niveau de réserves de changes est resté stable ».

En outre, l’ »accroissement des prix internationaux de biens a créé des pressions supplémentaires sur les finances publiques, à travers les dépenses de subventions principalement », fait observer la même source.

Ainsi, la hausse des subventions se traduit par des pressions sur l’endettement public, qui a sensiblement augmenté les années précédentes passant de 66,9 à 82,4% du PIB entre 2017 et 2021.

« Le système de subventions universelles a un coût qui est devenu insoutenable pour le budget de l’Etat en termes de subventions et d’importations. Le système actuel est mal préparé à faire face aux chocs », estime la Banque mondiale.

Et de soutenir que les difficultés actuelles de la Tunisie à s’approvisionner de manière suffisante en blé ont entraîné des pénuries de produits céréaliers et des incertitudes quant aux approvisionnements futurs. Compte tenu des difficultés persistantes d’accès au financement international, la Banque centrale de Tunisie (BCT) continue de refinancer les émissions de bons de trésor, ce qui accroît la liquidité, fait remarquer le bulletin, expliquant que le recours croissant au financement local peut ainsi se traduire par un effet d’éviction du crédit au secteur privé.

Ledit document fait ressortir, également, une augmentation considérable des pressions inflationnistes, provenant surtout des marchés mondiaux et de l’augmentation des prix administrés.

L’accroissement des prix sur les marché internationaux se traduira par un accroissement du déficit budgétaire, ce qui exacerberait les déficits jumeaux, relève la BM, expliquant que l' »augmentation de la valeur des importations sera proportionnelle à celle des prix internationaux, résultant ainsi, en une détérioration de la balance commerciale et la balance des paiements ». Le déficit budgétaire risque d’atteindre 9.1% en 2022 contre 7.4% en 2021, prévoit la BM, soulignant que le financement du budget reste « problématique vu l’importance du déficit budgétaire dans un contexte d’endettement stable à des niveaux assez élevés ».

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