lundi 26 septembre 2022

Trêve précaire entre Israël et le Jihad islamique

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La trêve précaire entrée en vigueur dimanche soir entre le groupe armé palestinien Jihad islamique et Israël était apparemment respectée lundi matin, après trois jours d’hostilités qui ont coûté la vie à 44 Palestiniens dont des enfants dans des frappes israéliennes sur la bande de Gaza.

Cette trêve, officiellement commencée dimanche à 23H30 (20H30 GMT), semblait tenir bon quatre heures plus tard, aucune partie ne faisant état de violation majeure de l’accord.

Jusqu’aux dernières minutes avant le début de la trêve, obtenue grâce à une médiation de l’Egypte, l’armée israélienne avait dit avoir mené des frappes sur des positions du Jihad islamique à Gaza «en réponse à des roquettes tirées» vers le sud du territoire israélien où les sirènes d’alerte ont retenti. L’armée israélienne a dit que sa «dernière» frappe avait eu lieu à 23H25.

Dans un communiqué diffusé dimanche soir, Joe Biden a salué le cessez-le-feu et remercié le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour le rôle joué par son pays dans sa négociation. Le président américain a également demandé que des enquêtes soient menées sur les victimes civiles, qu’il a qualifiées de «tragédie».

L’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland a salué sur Twitter l’accord de trêve mais affirmé «que la situation rest(ait)e très fragile». «J’exhorte toutes les parties à respecter le cessez-le-feu.»

Le bureau du Premier ministre israélien Yaïr Lapid, tout en annonçant l’horaire de la trêve, avait fait savoir que son pays «se réserv(ait) le droit de répondre fermement à toute violation». Il a également remercié l’Egypte, médiateur historique entre Israël et les groupes armés palestiniens, «pour ses efforts».

A Gaza où il est implanté, le Jihad islamique a confirmé qu’il «cesserait les hostilités» à partir de cette heure-là, mais a aussi averti qu’il se réservait «le droit de répondre à toute (nouvelle) agression» israélienne.

Médicaments, électricité

L’accord de trêve prévoit entre autres «l’engagement de l’Egypte à œuvrer en faveur de la libération de deux prisonniers» du Jihad islamique aux mains d’Israël, a affirmé le groupe palestinien.

Dimanche, dix-sept Palestiniens dont neuf enfants ont été tués dans les raids israéliens notamment sur Jabaliya, la ville de Gaza et Rafah, a indiqué le ministère de la Santé du mouvement armé palestinien Hamas, au pouvoir dans l’enclave sous blocus israélien depuis plus de quinze ans.

Depuis le début vendredi de l’opération israélienne dans Gaza, «44 Palestiniens sont tombés en martyrs dont 15 enfants» et «360 ont été blessés», selon un dernier bilan du ministère, qui a fait en outre état d’immeubles entiers détruits dans les frappes.

Dans la journée et en soirée, le Jihad islamique avait lancé des salves de roquettes en direction de villes en Israël et de Jérusalem, mais la grande majorité ont été interceptées par le système de défense antimissiles israélien, selon l’armée.

Les sirènes d’alerte ont retenti dans plusieurs villes, Tel-Aviv et Ashkelon (sud), pour prévenir de tirs de roquettes et des habitants ont accouru dans les abris.

Trois personnes ont été blessées en Israël par les tirs de roquettes depuis vendredi, selon des secouristes. D’après l’armée, des centaines de roquettes ont été tirées à partir de Gaza depuis vendredi, la grande majorité ayant été interceptées.

Les autorités israéliennes ont par ailleurs affirmé que certains Palestiniens tués auraient péri à cause de tirs de roquettes ratés du Jihad islamique vers Israël, tombées dans l’enclave palestinienne.

A Gaza, le directeur de l’hôpital al-Chifa a affirmé que son établissement avait besoin en urgence de médicaments et d’électricité.

L’unique centrale électrique de Gaza a été fermée samedi en raison d’un manque de carburant, quatre jours après qu’Israël a fermé les points de passage avec l’enclave en invoquant des raisons de sécurité.

«Attaque préventive»

L’armée israélienne a présenté son opération lancée vendredi comme une «attaque préventive» contre le Jihad islamique, au cours de laquelle ses principaux chefs militaires à Gaza, Tayssir Al-Jabari et Khaled Mansour, ont été tués de même que plusieurs combattants du groupe.

La mort des chefs militaires a été confirmée par le Jihad islamique, considéré comme «terroriste» par Israël, les Etats-Unis et l’Union européenne.

Yaïr Lapid a qualifié la frappe ayant tué samedi Khaled Mansour de «résultat extraordinaire».

Les autorités israéliennes ont justifié leur opération par leurs craintes de représailles du Jihad islamique après l’arrestation de Bassem al-Saadi le 1er août en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël.

L’Egypte doit s’employer à obtenir la libération de Bassem al-Saadi et d’un autre responsable du Jihad islamique, Khalil Awawdeh, détenu dans une prison israélienne depuis décembre 2021 dans le cadre de l’accord de trêve, d’après le Jihad islamique.

Ces deux derniers jours, quelque 40 membres du Jihad islamique ont été arrêtés par les forces israéliennes en Cisjordanie.

La confrontation entre Israël et le Jihad islamique est la pire depuis celle entre Israël et le Hamas en mai 2021. Cette dernière avait fait en onze jours 260 morts côté palestinien dont des combattants et 14 morts en Israël, dont un soldat, d’après les autorités locale

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