lundi 22 juillet 2024

Nabil Ayouch à Cannes « grâce à son talent » » »

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Lareleve.ma-MAP

 

  Le cinéaste marocain Nabil Ayouch s’est imposé dans la sélection officielle du festival de cinéma de Cannes « grâce à son talent » et son film « Les Chevaux de Dieu » devra « faire merveille » dans la section « Un Certain Regard », a estimé le délégué général du Festival, Thierry Frémaux.

 

  « Nous sommes bien entendu heureux de permettre au Maroc de dire qu’il est un pays de cinéma, mais si Nabil Ayouch est à Cannes, c’est d’abord grâce à son talent de metteur en scène », a-t-il souligné dans un entretien exclusif à la MAP.

 

  La projection de ce film est prévue samedi devant la crème du cinéma mondial, dans le cadre de ce concours destiné à révéler un cinéma plus « atypique » que le volet principal de la compétition cannoise, en récompensant des œuvres innovantes et créatives.

 

  M. Frémaux est en charge de la sélection « Un Certain Regard » (CR) où cette adaptation au grand écran du roman de l’écrivain Mahi Binebine « Les Etoiles de Sidi Moumen », inspiré des attentats terroristes de Casablanca en mai 2003, est en lice avec 19 autres films.

 

  « C’est une sélection de très grande qualité », a commenté celui qui a l’habitude de présenter le CR comme « la contre-programmation de la Sélection officielle par elle-même », ouverte à « tous les cinémas ».

 

  Si la direction du festival veille « aux grands équilibres géographiques de la sélection », elle ne le fait pas pour autant au détriment d’une démarche artistique. « C’est donc avant tout la qualité des œuvres qui nous guide. C’est notre démarche: présenter les meilleurs films que nous avons vus », a-t-il dit.

 

  Certains films, « par leur style, leur esprit, leur statut et parfois leur fragilité s’y trouvent bien mieux qu’en compétition », estime le responsable du concours. Sur la base de ces critères, il s’est dit convaincu que « Les Chevaux de Dieu est un film qui va faire merveille » d’autant plus qu’il est porteur d’un message universel: « sans la prospérité économique, l’éducation et la culture, la jeunesse sera la proie facile des idéologues ».

 

  « Et Nabil, qui est encore un jeune cinéaste, aura le temps, s’il confirme tout son talent, de venir en compétition » pour une des fameuses palmes du grand rendez-vous du meilleur du cinéma mondial, ajoute-il.

 

  D’ailleurs, la création du réalisateur marocain n’est pas méconnue à Cannes. Il avait déjà présenté son projet en 2010, alors en quête de financement, dans le cadre de la Cinéfondation du festival. Mais ce n’est pas cela qui a pesé pour son admission à Un Certain Regard, assure le responsable français du concours. Car ici, la sélection « se fait uniquement sur film terminé ».

 

  Sur la question de savoir comment ce film marocain a pu répondre aux exigeantes qualités requises par le jury, le patron de cette section du festival exclut toute éventuelle complaisance.

 

  « Avec mes collègues du comité de sélection, nous regardons les films sans tenir compte d’aucun autre critère que les nôtres. Pas de pression, pas de diplomatie, rien ne nous fait changer d’avis », tient-il à préciser.

 

  Alors le film de Nabil Ayyouch a-t-il des chances de remporter le concours? « Il est impossible et inutile de chercher à le savoir », rétorque Frémaux sur un ton catégorique. C’est au jury, présidé par le réalisateur britannique Tim Roth, de trancher, et sur ce point « il est souverain ».

 

  Le jury, composé notamment de l’actrice française Leila Bekhti, l’héroïne du film marocain « La source des femmes » de Radu Mihaileanu, en lice l’année dernière pour la Palme d’Or à Cannes, rendra son verdict le 26 mai prochain, la veille de la clôture du festival avec l’annonce du palmarès de la compétition officielle.

 

  Au total, la sélection officielle de cette édition comprend 54 films de 26 pays, dont 22 candidats à la très convoitée Palme d’Or et des autres prix de la compétition officielle, comme le Grand Prix, les prix de la mise en scène, de l’interprétation masculine et de l’interprétation féminine.

 

  Sur l’évolution du cinéma marocain, présent également dans d’autres sections parallèles du festival et espaces dédiés à la promotion des films auprès des professionnels et des distributeurs, M. Frémaux porte « un regard attentif ».

 

  « J’espère que la façon dont le cinéma marocain sera vu donnera des vocations à de nouveaux cinéastes. Que cela permettra aussi d’ouvrir de nouvelles salles de cinéma: c’est là qu’on voit les films, c’est le plus important », conclut-il.

 

  Le Centre cinématographique marocain (CCM), qui a soutenu le film de Nabil Ayyouch, et son directeur général, Noureddine Saïl sont déjà sur place pour savourer un éventuel couronnement de ce film marocain.

 

  Sur le plan institutionnel, le CCM s’active dans le cadre du Village international du festival de Cannes qui « offre à tous les pays producteurs de cinéma la possibilité de présenter et de promouvoir leur cinématographie, leur culture, leurs institutions et de développer des échanges ».

 

  Le CCM y participe, depuis 2006, par l’organisation d’un pavillon qui « vise à assurer une promotion du film marocain et le Maroc en tant que destination privilégiée des producteurs étrangers ».

 

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