lundi 30 janvier 2023

Le soldat inconnu

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Chronique de l’oncle Sam

 

Par Mohamed Benfadil

 

 

  Un politicien célèbre, et dont l’étoffe ne court malheureusement plus les arcanes politiques aujourd’hui, a dit que la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. Je ne suis pas célèbre, et encore moins politicien, mais je crois pouvoir dire, au risque peu probable de me tromper, qu’on nait diplomate et qu’on ne le devient pas. En langage plus simple, on est «diplomate» ou on ne l’est pas.

 

  Ce «néologisme», nombre de mes compatriotes ayant élu domicile dans le nouveau monde, et plus précisément dans la région du Grand Washington, me le concéderont volontiers lorsqu’il s’agit de Mr. Driss Kassimi, ministre plénipotentiaire en charge de la section consulaire marocaine de la capitale américaine.

 

  Depuis qu’il préside voici-ci bientôt cinq ans aux destinées de la section consulaire de la capitale américaine, en remplacement de Hassan Khantach, un autre «soldat inconnu» de cette tache ingrate du service public «extra muros», gentleman Kassimi ne cesse en effet de prendre son bâton de pèlerin pour «rapprocher cette administration des administrés», selon l’expression consacrée. Sa dernière sortie en date est cette trouvaille volontariste, même si elle ne semble pas, visiblement à tord, être du gout de tout le monde, l’ouverture au public tous les derniers samedis du mois des services consulaires. Et ce n’est pas un poisson d’avril!

 

 

Driss Kassimi, ministre plénipotentiaire en charge

de la section consulaire de Washington

 

 

  Sceptiques donc, s’abstenir. C’est bien d’être tout-ou-riéniste et   exigeant, je le suis d’ailleurs moi-même. Surtout quand il s’agit de contrôler le travail de l’exécutif, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Encore faut-il rendre à César ce qui lui appartient. Et des Césars…marocains chez l’oncle Sam, Dieu seul sait qu’il y en a. Laissons donc les romains reposer en paix, gardons les pieds sur terre et contentons-nous des soldats inconnus et des chevilles ouvrières. L’équipe menée par Driss Kassimi mérite ces qualificatifs. Ce diplomate de carrière aguerri par la pratique de la courtoisie qu’impose la profession, est en effet animé, tout comme ses lieutenants d’ailleurs, par le souci quotidien, loin des projecteurs de l’actualité, de satisfaire ses compatriotes expatriés, qu’ils soient de DC ou d’ailleurs. Dans la limite bien entendu des moyens, humains et matériels, mis à  sa disposition. Quand bien même son rôle hiérarchique de numéro un de la section ne l’exige pas, l’homme vous reçoit toujours avec le sourire de rigueur, et, croyez moi, pas de circonstance. Avec pour seul souci de s’assurer que tout le monde est…bien servi. Les quelques critiques négatives relevées ici et là dans des commentaires pas toujours bienveillants, ne peuvent donc qu’être injustes. Elles ne peuvent être justifiées que par un probable  stress, on le comprend, du maudit mal du pays, la fameuse «ghorba», et nullement par une quelconque «hogra», que d’aucuns invoquent amèrement dans les commentaires   incriminés.

 

  Et je ne suis pas le seul à saluer les efforts fournis par les hommes -et les femmes- de ce respectable commis de l’Etat, qui ne méritent pas à coup sûr de servir de bouc-émissaire d’une faible couverture consulaire du vaste territoire de ce pays-continent! Car il est vrai que les 200.000 marocains d’Amérique ne peuvent être servis de façon idéale par les seules  administrations de Washington et de New York. Et il est dès lors plus que raisonnable d’ouvrir, en vue de couvrir les quatre coins du pas, au moins deux autres consulats. Un à Miami, dans l’Etat de Floride et l’autre à Los Angeles ou   à San Francisco, dans le vaste Etat de Californie. Evitant ainsi des solutions bouche-trous et saisonnières du type «consulat mobile», cette innovation pas toujours si convaincante. Alors, critique constructive, oui. Ragots et attaques gratuites, non! Diplomatie, contrairement à ce qu’on peut croire, ne veut pas dire hypocrisie.

 

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