mercredi 24 juillet 2024

PJD : des voix discordantes

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Ahmad Al Mohammadi

  Abou Zaid Al Moqri, prétendument cadre du PJD, n’approuve pas la composition du gouvernement  Benkirane auquel  il reproche  son caractère hybride. C’est une équipe faite de bric et de broc a-t-il estimé au cours d’un entretien accordé à un périodique local. Comme le personnage passe pour un ponte parmi  les siens, les commentateurs en sont encore à chercher les raisons de sa sortie médiatique. Al Moqri parle-t-il pour lui ou dit-il tout haut ce que d’autres  pensent  tout bas  et donc que Benkirane n’a pas fait le bon choix ? La réponse à la question est essentielle puisqu’elle engage l’avenir du PJD et donc celui du gouvernement  actuel.

 

  Toutefois, telle qu’elle est posée par Al Moqri, elle établit aussi que l’intéressé n’a qu’une perception approximative des subtilités de la politique. Quand on affirme qu’un parti est premier de par le verdict des urnes sans qu’il soit majoritaire, on soutient nécessairement qu’il doit se trouver des alliés pour  former une majorité gouvernementale. Comme c’est la règle dans quasiment tous les pays du monde, la plupart des gouvernements qui y sont en place sont des entités hybrides. S’interroger sur le degré de pureté de race du gouvernement n’est donc pas la bonne question.

 

  Ce qui intéresse les Marocains aujourd’hui, c’est de savoir ce que fait ou a l’intention de faire le gouvernement pour répondre à leurs nombreuses et pressantes attentes. Les événements de Taza, ceux de Nador, les cortèges qui sillonnent les grandes artères de Rabat, l’occupation des locaux  du ministère de l’Education nationale attestent l’urgence qu’il y a à entreprendre pour restaurer la confiance. Il se trouve que le gouvernement Benkirane ne donne pas l’impression de s’être mis à la tâche. Ou alors pas de la manière qui permette d’en espérer grand bien si l’on en juge par le double échec de Benkirane face aux diplômés chômeurs qui campent sur leurs positions au MEN.

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