jeudi 25 juillet 2024

Les Américains aux urnes pour une élection aux enjeux majeurs

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Après une campagne acharnée, place au verdict des urnes aux Etats-Unis. Des millions d’électeurs ont commencé, mardi, à se rendre aux bureaux de vote pour désigner le président des Etats-Unis pour les quatre prochaines années. Si le démocrate Joe Biden est favori des sondages, Donald Trump a livré, jusqu’au bout, une campagne farouche pour arracher un second mandat.

 

Au total quelque 248.500.000 de citoyens américains sont enregistrés pour cette élection, dont une centaine de millions ont déjà voté par courrier ou par vote d’anticipation. Il s’agit d’un record dans une élection historique à bien des égards, à commencer par le contexte de la pandémie de coronavirus.

 Cette élection revêt des enjeux majeurs pour la première puissance mondiale mais aussi pour le reste du monde tant l’approche et le style des deux candidats différent grandement à l’heure où des défis comme la lutte contre la crise sanitaire inédite et ses conséquences économiques ou le changement climatique appellent une gestion globale et une coopération internationale.

« Le monde entier surveille l’élection de près, en particulier les alliés en Europe et des rivaux comme la Russie, la Chine et l’Iran, qui pourraient tous s’attendre à une politique étrangère américaine très différente selon qui gagne mardi », écrit le New York Times. Farouche opposant au vote par correspondance, le président Trump a clôturé sa campagne en remettant en question à nouveau l’équité du scrutin et en soulevant la perspective de troubles. Il a cherché aussi à galvaniser sa base électorale avec des attaques contre des personnalités des médias et ses opposants politiques, décrivant à nouveau son rival comme mentalement incapable de gérer la présidence et affirmant qu’en cas de victoire, Biden mettrait en place un « état de prison » pour contrôler la pandémie de coronavirus.

L’ancien vice-président a exhorté, pour sa part, les électeurs à mettre fin à une présidence qui a « attisé les flammes de la haine ». Il s’est focalisé sur la pandémie et critiqué vivement la réponse de Trump et promis d’écouter les conseils des scientifiques. Biden a qualifié Trump de « diviseur, dangereux et inapte » au Bureau ovale.

Avant mardi, quelque 100 millions d’Américains ont déjà voté ouvrant la voie au taux de participation le plus élevé depuis plus d’un siècle. Inquiet de la répétition du scénario de 2016 lorsque Trump a fait mentir les sondages qui donnaient la victoire à Hillary Clintion, les démocrates ont affiché une préférence pour le vote par anticipation. Selon un récent sondage national du New York Times et du Siena College, les républicains sont plus susceptibles de voter le jour du scrutin.

Il faut dire que ces élections se déroulent dans un contexte aussi de vive polarisation de la société américaine avec outre un débat houleux et controversé sur la gestion de la pandémie, de fortes tensions sociales sur fond de justice raciale et une croissance économique atone. Cette polarisation fait craindre que les résultats des élections de mardi ne soient contestés et conduisent à un bras de fer qui risque de dégénérer en troubles et débordements. Des experts du Crisis Group préviennent qu’un tel scénario est une possibilité réelle.

A Washington DC, New York ou Chicago, magasins et entreprises ont pris des dispositions pour parer à un tel scénario en posant notamment des panneaux de bois devant les vitrines. Bien que les sondages donnent une avance au candidat démocrate, la course est serrée dans les États pivots, qui constituent les véritables champ de bataille de ce rendez-vous décisif et sur lesquels Trump a beaucoup misé dans son sprint final. Selon les projections de cette élection qui décidera aussi le sort du Congrès, les démocrates sont légèrement favoris pour rebattre les cartes au Sénat.

Les républicains ont néanmoins plus de chances de conserver cette chambre haute du Congrès que la Maison Blanche. Les démocrates auront probablement l’occasion de consolider leur majorité à la Chambre, dans la foulée de la vague bleue de mi-mandat en 2018. Et pour cause, la course reste serrée dans la plupart des huit États pivots que nombre de spécialistes des élections américaines ont identifiés comme des champs de bataille critiques, en l’occurrence Arizona, Floride, Géorgie, Michigan, Minnesota, Caroline du Nord, Pennsylvanie et Wisconsin. Alors que Biden mène dans chacun d’entre eux, selon les moyennes des sondages de RealClearPolitics jusqu’à dimanche, son avantage est mince: son avance dans la moitié de ces États se situe dans la marge d’erreur.

Compte tenu de la forte augmentation des bulletins de vote par la poste et par anticipation, et une forte participation le jour du scrutin, l’enjeu majeur est la date de l’annonce des résultats. Selon le think tank Brookings, « le processus de dépouillement des bulletins de vote peut prendre plus de temps que lors des élections précédentes. Des contestations juridiques potentielles pourraient également retarder les résultats des courses clés. Mais une fois tous les votes comptés, les résultats seront confirmés – et les implications sont vastes ».

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