dimanche 21 juillet 2024

PLF: l'UMT rejette catégoriquement la cotisation sociale de solidarité

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L’Union Marocaine du travail (UMT), a rejeté la mesure fiscale, consistant en une cotisation sociale de solidarité prévue dans le projet de loi de finances 2021, qui selon le syndicat « exacerbe le sentiment d’injustice parmi de larges catégories de salariés ». Il appelle ainsi à imposer un « impôt sur la fortune pour ceux qui bénéficient des richesses du pays« .

Dans une longue déclaration sur cette taxe de solidarité qui affaiblira les poches de la classe moyenne pendant une année, l’UMT a pointé du doigt le gouvernement de Saad Eddine El Otmani, l’accusant d’avoir « violé ses engagements de soumettre les projets de loi aux syndicats et aux acteurs économiques pour consultation, avant leur transfert devant l’institution législative ». Chose qui a été faite justement le lundi 19 octobre, puisque le gouvernement a présenté le PLF 2021 au Parlement sans consulter personne.

Tout en constatant le « manque de volonté politique du gouvernement d’engager des réformes structurelles, pour apporter des réponses aux conditions inquiétantes vécues par la classe ouvrière marocaine en raison des terribles répercussions résultant de la situation épidémiologique », l’UMT estime que le gouvernement continue de cibler la classe ouvrière et de frapper son pouvoir d’achat à travers une approche qui repose sur les équilibres financiers et comptables, au détriment des dimensions sociales et sociétales.

En la qualifiant d' »injustice fiscale » , l’UMT estime que cette taxe mettra à mal encore plus une grande catégorie de salariés puisqu’elle « ne prend pas en compte la contribution de la classe ouvrière dans les secteurs public et privé à hauteur de 73% des ressources fiscales sur le revenu par le biais des prélèvements directs à la source, alors que ceux qui ont des revenus issus de l’immobilier, de l’agriculture et des professions libérales bénéficient du système de déclaration libre et flexible pour réduire leurs obligations fiscales. Sans oublier les avantages fiscaux accordés annuellement aux parties prenantes, ainsi que la fraude fiscale « .

La mise en place de cette mesure montre l’ampleur de l’incapacité du gouvernement à élargir l’assiette fiscale pour inclure le secteur informel qui génère des milliards de dirhams, ainsi que sa réticence à lutter contre la corruption et la rente, estime l’UMT.

Cette action gouvernementale, poursuit le syndicat, augmentera la dégradation du pouvoir d’achat de la classe moyenne, en particulier de la classe ouvrière, en raison de la pression fiscale, des prix élevés de la nourriture et des services de base, en plus des coûts de scolarité, de santé, des charges familiales, et des prêts de logement et de consommation.

À cet effet, l’UMT déclare son rejet catégorique de cette nouvelle mesure fiscale, qu’il considère comme une réduction non déclarée du salaire, qui perpétue le sentiment d’injustice parmi de larges catégories de salariés.

Le syndicat demande ainsi au gouvernement d’introduire une taxe sur la fortune, de taxer les bénéficiaires des biens du pays, et d’activer les recommandations du dernier débat sur les impôts, en particulier ceux liés à l’élargissement de l’assiette fiscale, et à reconsidérer les taux de l’impôt sur le revenu (IR), de manière à contribuer à alléger la pression fiscale dont souffre la classe ouvrière.

L’UMT appelle également à l’ouverture de véritables consultations sur l’élargissement et la généralisation de la protection sociale, afin d’activer cet important projet national, et appelle le gouvernement à créer de nouveaux mécanismes de financement en élargissant l’assiette fiscale, pour inclure ceux qui ne respectent pas leurs obligations fiscales, et en intégrant le secteur informel dans le cycle économique régulier.

In fine, le syndicat appelle « les forces vives de notre pays à faire face à cette mesure fiscale injuste » et plaide pour une « réforme fiscale globale et équitable, dans le but de parvenir à l’égalité pour les citoyens et leurs contributions en fonction de leur capacité à supporter les coûts nationaux » .

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