jeudi 25 juillet 2024

France: le gouvernement décrète le « confinement nocturne »

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La très redoutée deuxième vague de l’épidémie du nouveau coronavirus est bel est bien installée en France, avec son lot de contaminations et de décès en augmentation exponentielle. Une situation qui a poussé le gouvernement à resserrer davantage la vis en décrétant un « confinement nocturne ».

 

L’exécutif avait déjà annoncé la couleur ces derniers jours en redoublant les mises en garde et les appels à la vigilance et au sens de la responsabilité de la population, face à une situation sanitaire qui ne cesse de se dégrader. Les choses se sont accélérées début cette semaine avec la tenue, mardi, d’un Conseil de défense entièrement consacré à la situation épidémiologique, puis mercredi d’un Conseil des ministres au cours duquel un décret rétablissant l’état d’urgence sanitaire a été adopté.

Le même jour dans la soirée, le Président Emmanuel Macron annonce, lors d’une interview télévisée, l’instauration d’un couvre-feu nocturne pour freiner la propagation d’un virus qui risque de « nous accompagner jusqu’à l’été 2021 ».

Ce couvre-feu d’au moins quatre semaines entrera en vigueur samedi à minuit en île de France et dans huit autres métropoles, toutes placées en zone d’alerte sanitaire maximale.

Le gouvernement comme les professionnels de la santé s’alarmaient depuis plusieurs semaines d’une arrivée imminente de la deuxième vague du Covid-19, la situation sanitaire se dégradant de jour en jour alors que le nombre de régions glissant dans la zone d’alerte ne cessait de grossir.

Et dans un souci d’éviter à tout prix un reconfinement généralisé à l’image de celui instauré en mars dernier lors de la première vague, l’exécutif a opté par la solution la moins pénalisante pour une économie fortement malmenée par la crise sanitaire.

Dès samedi, donc, à minuit, en île de France ainsi qu’à Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Saint-Etienne et à Toulouse, toutes placées en zone d’alerte maximale en raison d’une circulation très active du virus, il sera interdit de sortir de chez soi entre 21 heures et 6 heures du matin.

Pour les récalcitrants, une amende salée de 135 euros qui passe à 1.500 en cas de récidive, le gouvernement comptant sur l’effet dissuasif pour faire respecter le couvre-feu, dans la perspective de réduire les brassages des populations et freiner la circulation du virus.

Interviewé pendant une quarantaine de minutes sur TF1 et France 2, le président français a prévenu que ce couvre-feu qui touchera presque 20 millions de Français, pourrait être prolongé jusqu’au mois de décembre. Selon lui, cette nouvelle mesure restrictive est nécessaire « si dans deux, trois semaines, on ne veut pas prendre des mesures plus dures », en allusion à un retour à un confinement généralisé.

Ce « confinement nocturne », comme le décrit la presse, ne comprend aucune interdiction de circulation ni des restrictions de déplacement entre les différentes régions du pays. Il s’agit plutôt pour le chef de l’Etat d’une « stricte limitation aux bonnes raisons » car les personnes avec des urgences ou les travailleurs auront droit à des autorisations.

Devant une « situation préoccupante », qui « constitue une catastrophe sanitaire mettant en péril, par sa nature et sa gravité, la santé de la population », l’exécutif cherche à réduire drastiquement le nombre des contaminations quotidiennes pour les ramener à entre 3 mille et 5 mille au lieu de 20 mille actuellement.

Pour ce faire, outre le couvre-feu, l’exécutif entend aussi augmenter le nombre des tests de dépistage et en améliorer la qualité, tout en insistant sur l’importance primordiale du respect des gestes barrières, dont le port du masque, la distanciation sociale et le lavage régulier des mains.

Sur le plan économique, et afin de réduire l’impact de ces nouvelles mesures sur des secteurs déjà fragilisés par la crise sanitaire, dont la restauration, le tourisme, l’événementiel, la culture et le sport, M. Macron a annoncé la mise en place de « dispositifs de soutien supplémentaires » ainsi que la réactivation du chômage partiel à 100% au profit de ces secteurs, outre le déploiement d’une aide exceptionnelle aux bénéficiaires d’aides sociales de l’Etat pendant 6 semaines.

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