dimanche 14 juillet 2024

France: Le Prix Mohammed Arkoun décerné à Yakota Gobran, française d'origine égypto-marocaine

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Le Prix Mohammed Arkoun de la meilleure thèse en islamologie a été décerné, mardi à Paris, à Yakota Gobran, française d’origine égypto-marocaine, pour sa thèse en histoire, sociétés et civilisations intitulée «L’autorité ash’arite au Ve/Xie siècle. Attributs divins et statut du Coran au cœur des débats contre les mu‘tazilites et les ḥanbalites dits anthropomorphistes », soutenue le 2 décembre 2019 à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO).

Le prix, soutenu par la Fondation Mohammed Arkoun pour la paix entre les cultures, a été décerné lors d’une cérémonie organisée à la Bibliothèque universitaire des langues et civilisation (Bulac), dans le cadre de la 7ème édition du Prix de thèse Moyen-Orient et mondes musulmans, qui regroupe plusieurs prix attribués à des jeunes docteurs ayant soutenu leur thèse en lettres et sciences humaines et sociales entre 2017 et 2019.

Ce prix, organisé conjointement par l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (IISMM) et le Groupement d’intérêt stratégique Moyen-Orient et mondes musulmans avec le soutien du Bureau Central des Cultes du ministère français de l’Intérieur et du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, récompense des thèses qui sont « au coeur de la recherche la plus novatrice et permettant de mieux comprendre aujourd’hui les mondes musulmans », soulignent les organisateurs.

L’objet des recherches de Yakota Gobran, docteure en Histoire, Sociétés et Civilisations, rattachée au Centre de recherches Moyen-Orient Méditerranée, a consisté à remettre en cause la représentation de la sphère religieuse bagdadienne propre au XIè siècle abbasside héritée des travaux de l’islamologue Georges Maksidi (1920-2002).

Une enquête basée sur une double interrogation du sujet, aussi bien historique que théologique, et explorant des champs d’investigation omis jusque-là, a permis de compléter les remarquables travaux de Georges Maksidi, souligne le jury des Prix de thèse Moyen-Orient et mondes musulmans, présidé par Choukri Hmed, Maître de conférences HDR à l’Université Paris-Dauphine.

Le prix de la thèse francophone, soutenu par la direction régionale de l’Agence universitaire de la francophonie au Moyen-Orient, est revenu à Némésis Srour pour sa thèse de doctorat en anthropologie sociale et et ethnologie à l’EHESS, au sein du Centre d’Etudes de l’Inde et de l’Asie du sud intitulée « Bollywood Film Traffic. Circulations des films hindis au Moyen-Orient (1954-2014) ».

Quant aux Prix de l’IISMM, créés en 2002, visant à récompenser des thèses originales dans l’ensemble des champs d’étude sur l’islam et les mondes musulmans, ils ont été décernés à Duygu Tasalp pour sa thèse intitulée « Mémoires d’Unionistes et régimes mémoriels en Turquie au 20ème siècle”, à Rémi Desmoulière pour sa thèse sous le titre “Géographie d’un milieu: propriétaires, chauffeurs et organisations de minibus à Jakarta” et à Delphine Acloque en récompense de sa thèse intitulée “Conquérir le désert. Recomposition des acteurs et des territoires agricoles en Egypte”.

Les prix du Groupement d’intérêt scientifique Moyen-Orient et mondes musulmans, créés en 2016, et qui récompensent des travaux de haut niveau contribuant au décloisonnement des travaux sur l’islam et les mondes musulmans, ont été décernés à Maxime Durocher, qui remporte le premier prix, pour sa thèse « Zawya et soufis dans le Pont intérieur des Mongols aux Ottomans, contribution à l’étude des processus d’islamisation en Anatolie médiévale (XIIIe-XVe siècles) préparée à Sorbonne Université.

Les deuxième et troisième prix ont été attribués respectivement à Farah Hany George Ramzy pour sa thèse « Renegotiating politics on campus. Students in post 2011 Egypt » et à Antoine Perrier pour sa thèse sur « La liberté des protégés. Souverains, ministres et serviteurs des monarchies marocaine et tunisienne sous le protectorat français », soutenue en 2019 à l’Institut d’Etudes Ppolitiques (IEP) de Paris.

Par ailleurs, le Prix Michel Seurat, créé par le CNRS en 1988 pour honorer la mémoire de ce chercheur spécialiste des questions islamiques et récompenser annuellement les travaux d’un jeune chercheur qui concourent par l’enquête sur le terrain au développement d’une connaissance approfondie des sociétés contemporaines du monde arabe, a été décerné à Nina van Kampen pour sa thèse intitulée « Contact dialectal et accommodation linguistique: le cas des réfugiés palestiniens à Beyrouth« .

Par la même occasion, des mentions spéciales du jury ont été attribuées à six chercheurs.

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