samedi 26 novembre 2022

Essaouira : Ouverture en grandes pompes de la 16è édition des Andalousies Atlantiques

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La 16è édition des Andalousies Atlantiques ou « Andaloussiates Souiries », si l’on en juge par la créativité, l’audace et le caractère inédit du programme auquel nous invitent cette année, se veulent plus « précieuses » que jamais, a souligné M. André Azoulay, Conseiller de SM le Roi et Président-Fondateur de l’Association Essaouira-Mogador.

Ces Andaloussiates Souiries sont « précieuses d’abord avec les femmes mises à l’honneur en 2019, non pas par phénomène de mode mais parce que Essaouira a la bonne idée de faire miroir et écho à ces jeunes femmes, chaque année plus nombreuses à se réapproprier les répertoires les plus emblématiques de notre musique andalouse, du chgouri et du malhoun judéo-arabe », a affirmé M. Azoulay dans un éditorial publié à l’occasion de cette nouvelle édition (31 octobre au 02 novembre).

En ouverture du 16ème Festival des Andalousies Atlantiques, le rendez-vous a été donné au public, le jeudi 31 octobre à partir de 21h, à la Place el Minzeh, sous le chapiteau, avec les héritiers d’Al Andalous.

Les plus jeunes représentants d’Al Andalous, en compagnie d’Elad Levi, Anass Belhachemi, Salah Eddine Mesbah, Yohai Cohen, Hanae Touk, Tamar Bloch, Hicham Dinar, Hay Korkos, se sont produis sur scène.

Des pièces de poésie bilingue dans lesquelles, des strophes en hébreu et en arabe se sont alternées. Des pièces où apparaît la fidélité du marocain, juif et musulman, au patrimoine poétique hérité de l’âge d’or.

Un concert inédit avec une large séquence nostalgie, en hommage à Cheikh Mouizo.

Vers 00h00 à Dar Souiri c’etait le tour de la ravissante Raymonde, la Malkah .

Ainsi, dans le cadre intimiste de Dar Souiri, repaire de mélomanes, La Malkah est de retour, pour se livrer à son public en toute simplicité. Raymonde El Bidaouiya à Dar Souiri, un régal pour tous !

« Pour ceux qui ont pu en douter il y a plus de quinze ans quand naissait à Essaouira le Festival des Andalousies Atlantiques, c’est au Maroc, au Maghreb et en terre d’Islam que chaque année des milliers de Musulmans et de Juifs se donnent rendez-vous pendant plusieurs jours pour chanter ensemble, jouer de la musique ensemble et fêter dans la joie leurs histoires partagées, leurs mémoires mêlées et leur patrimoine musical interprété à 4 mains et comme souvent à Essaouira alternativement en arabe et en hébreu », s’est-il félicité.

Et de rappeler, dans ce sens, que l’édition de 2018 avait été, à cet égard, une édition « d’exception », estimant que rarement, en effet, on aura vu la musique et le chant susciter autant d’émotion, autant de larmes pour dire la joie des retrouvailles à l’écoute de cette musique brodée de « matrouz », dont le Maroc a le secret et le talent enracinés dans la profondeur et la richesse d’une histoire plusieurs fois millénaire.

Pour cette nouvelle édition des Andalousies Atlantiques, une lecture exhaustive du programme révèle « l’exceptionnelle diversité et densité » des 15 Concerts qui vont jalonner à Essaouira ces trois jours de fête de toutes nos musiques rejointes par le flamenco, a fait savoir M. Azoulay.

Et M. Azoulay d’enchaîner: « Saga et épopée dont le point d’orgue et la conclusion cette année auront pour cadre la Zaouia Kadiriya, qui ouvrira ses portes à tous pour une soirée longtemps espérée, au fil d’un voyage hors du temps où Juifs et Musulmans chanteront les Qsaid qui incarnent notre patrimoine partagé, du sacré au profane et du samâa aux chants de la synagogue ».

Pour le Président-Fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, le Festival des Andalousies Atlantiques c’est aussi des débats et ce, dans le cadre de son Forum-Agora et des expositions, notamment avec Malika Demnati El Mansouri qui « nous convie lors de cette édition à un accrochage à la thématique adéquate le vivre- ensemble ».

« N’est-ce pas l’esprit même de la cité des Saints, Sidi Magdoul et Rebbi Haïm Pinto », s’est-il interrogé.

Sont attendues à Essaouira, Samia Ahmed qui propose un voyage musical retraçant l’histoire de l’Andalousie, Asmae Lazrak pour revisiter à sa façon les Qsaid qui incarnent depuis la nuit des temps ce malhoun judéo-arabe qui traverse les espaces et les générations pour « nous dire un hier qui nous aide à écrire au futur cette belle histoire marocaine ».

Egalement invitée, Dalila Meksoub qui chantera, entre autres, « Line Mounty », « Salim Halali », « Samy Al Maghribi », avec cerise sur le gâteau et en grande première une Qsida louant le prophète Sidna Mohamed PSL sur un texte du grand poète juif, le Maâlem Ayouch Benmouyal Souiri.

Avec Asmae Lazrak et Dalila Meksoub, sont aussi à l’affiche Hanae Touk, Lalla Tamar, ainsi que Chaimae Imran sur scène pour rendre hommage à la grande pianiste Hajja Ghita El Oufir qui s’est éteinte depuis plusieurs années mais qui aura profondément marqué depuis Rabat la scène maghrébine de la musique andalouse.

Cet hommage aux femmes, qui donnera le temps à cette 16è édition des Andalousies Atlantiques, fera écho à la place faite aux jeunes, cette année, Musulmans et Juifs: ces étoiles montantes sont déterminées à ne rien oublier de ce que leurs aînés leur ont légué. Ils s’appellent Eliad Levi, Anas Belhachem, Yohaï Cohen, Salah Eddine Mesbah, Hay Korkos ou Hicham Dinar.

Directement venue de Séville, la Compania Leonor Real retrouvera sur scène l’Orchestre Rawafid, l’une des meilleures formations de musique andalouse, dirigée par le maître Omar Metioui.

Last but not least, Raymonde El Bidaouia à laquelle Essaouira a choisi avec bonheur d’identifier ses Andalousies, va, cette année, encore gratifier le public de deux concerts: le premier soir à Dar Souiri après minuit et samedi à la clôture pour une rencontre singulière et riche de promesses aux côtés du grand maître Ben Omar Ziani, icône incontestée et incarnation pionnière et emblématique de la musique judéo-arabe au Maroc et bien au-delà.

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