dimanche 14 juillet 2024

Microsoft abandonne son siège au conseil d’administration d’OpenAI

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Alors que les régulateurs européen et américain accentuent leur surveillance du marché de l’intelligence artificielle, Microsoft vient d’abandonner son siège d’observateur au conseil d’administration d’OpenAI, le développeur de ChatGPT.

C’est le géant américain de l’informatique qui en a lui-même fait l’annonce dans une lettre consultée par l’AFP, le mercredi 10 juillet 2024.

   Un rôle trop limité ?

« Ces huit derniers mois, nous avons assisté aux progrès importants du nouveau conseil d’administration et nous avons confiance en la trajectoire de l’entreprise », a déclaré Microsoft dans cette lettre (qu’il avait adressée à OpenAI la veille, soit mardi 9 juillet).

« Nous ne pensons pas que notre rôle – limité – d’observateur soit encore nécessaire », a ajouté la société fondée par Bill Gates, en précisant que ce retrait prenait effet « immédiatement ».

   Un investissement conséquent

Microsoft avait pourtant investi environ 13 milliards de dollars dans OpenAI depuis le début de leur partenariat, en 2019, soulevant des questions des deux côtés de l’Atlantique sur l’ampleur de son influence sur la start-up californienne créée en 2015.

Microsoft avait ainsi obtenu un siège d’observateur, sans droit de vote, au conseil d’administration d’OpenAI en novembre 2023, après une passe d’armes sur le maintien – ou non – de Sam Altman à la tête de l’entreprise.

Ce dernier est finalement revenu en place, soutenu par le géant de l’informatique.

   La question de la domination du marché de l’IA

Les deux entreprises commercialisent des services d’IA pour les développeurs et les particuliers, et rivalisent avec Google et les autres géants de la tech dans ce domaine.

Or les régulateurs européen et américain ont justement commencé à se pencher sur la question de la domination du marché crucial de l’IA par une poignée de géants du numérique.

Après enquête, le gendarme européen de la concurrence a cependant conclu en juin qu’« en l’état », Microsoft n’avait pas acquis un « contrôle durable » sur OpenAI.

   Un potentiel effet négatif sur la concurrence

Mais la Commission européenne a réclamé de nouvelles informations à Microsoft sur l’accord entre les deux entreprises, « pour déterminer si certaines clauses d’exclusivité pourraient avoir un effet négatif sur la concurrence ».

L’autorité américaine de la concurrence (FTC) a elle aussi annoncé une enquête sur les investissements de plusieurs milliards de dollars réalisés par Microsoft, Google et Amazon dans les principales start-up d’IA générative, OpenAI et Anthropic.

Apple, qui devait à son tour obtenir un siège d’observateur au conseil d’administration d’OpenAI, aurait d’ailleurs renoncé à celui-ci dans la foulée du retrait de Microsoft, ont rapporté plusieurs médias.

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