dimanche 14 juillet 2024

Plus de 3.500 départs de feu ont déjà été recensés depuis le début de l’année dans la plus grande zone humide la planète

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Plus de 3.500 départs de feu ont déjà été recensés depuis le début de l’année dans la plus grande zone humide la planète, un gigantesque marécage qui s’étend sur plus de 200.000 km2 dont une grande partie au Brésil.

C’est un trésor de la biodiversité, un paradis sauvage qui abrite plusieurs milliers d’espèces animales, dont certaines emblématiques comme le jaguar, le tatou ou le caïman. Depuis plusieurs semaines, le Pantanal, la plus grande zone humide de la planète, est en proie aux flammes.

Selon l’Institut brésilien de recherches spatiales, 3.538 départs de feu ont été recensés depuis le début de l’année dans ce marais gigantesque qui s’étend sur plus de 200.000 kilomètres carrés, dont les trois quarts situés au Brésil, soit une augmentation de 2018 % par rapport au premier semestre 2023.

Cela représente aussi une hausse de près de 40 % par rapport à 2020, quand tous les records avaient été battus et que 30 % du biome avait été affecté sur toute l’année par les incendies. Sur le seul mois de juin, 2.639 foyers ont été identifiés, six fois plus que le record précédent pour ce mois de l’année qui datait de 2005.

La situation est d’autant plus préoccupante que le pic des incendies est habituellement atteint au second semestre, notamment en septembre, au cœur de la saison sèche. Dans l’état du Mato Grosso do Sul, situé dans le centre-ouest du Brésil, et où se trouve une grande partie du Pantanal, l’état d’urgence a été décrété il y a deux semaines avec l’envoi de renforts de pompiers d’autres états pour combattre les flammes.

« Je respire de la fumée tous les jours », se désole Érica Cristina, propriétaire d’un bar dans la ville de Corumba, où le ciel a pris une teinte rouge vif en raison des lueurs des incendies qui dévastent la végétation. Selon les autorités, ces incendies sont avant tout liés à l’action humaine, notamment la pratique du brûlis pour l’expansion agricole.

Mais le phénomène est aussi accentué par le réchauffement climatique qui a causé une sécheresse extrême ces derniers mois dans cette région, reconnue comme Patrimoine naturel de l’Humanité par l’Unesco. « Cette année, le feu et la sécheresse sont arrivés plus tôt. Habituellement, les rafales de vent, la chaleur et les incendies ne débutent qu’au mois d’août », explique Bruno Bellan, éleveur de 25 ans.

 

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