dimanche 14 juillet 2024

Pyongyang affirme avoir réussi un tir de missile à têtes multiples

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La Corée du Nord a affirmé jeudi avoir lancé avec succès un missile à têtes multiples, selon l’agence d’État nord-coréenne KCNA, au moment où des dizaines de ballons envoyés par Pyongyang se sont à nouveau posés en Corée du Sud.

Les relations entre les deux Corée sont au plus bas depuis des années, après l’intensification par le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un des essais d’armes par le pays reclus et une campagne d’envois de ballons chargés de déchets vers le Sud.

Le régime nord-coréen «a mené avec succès le 26 juin un test de séparation et de contrôle d’ogives mobiles individuelles», a indiqué l’agence, précisant que «les ogives séparées ont atteint trois cibles coordonnées».

Ce tir, selon KCNA, visait à tester la capacité Mirv («Multiple Independently Targetable Reentry Vehicle Technology»), c’est-à-dire la capacité de tirer plusieurs ogives indépendantes à l’aide d’un seul missile balistique.

L’armée sud-coréenne avait annoncé mercredi que la Corée du Nord avait procédé à un tir d’essai de ce qui semblait être un missile hypersonique, mais que le projectile avait explosé en vol après avoir parcouru environ 250 km au-dessus de la mer du Japon.

Selon l’état-major sud-coréen, il pourrait s’agir d’un missile à propulsion à propergol solide, qui aurait rencontré des problèmes de combustion, car il émettait plus de fumée que d’ordinaire.

D’après KCNA, l’essai «a été effectué en utilisant le moteur du premier étage d’un missile balistique à combustible solide de portée intermédiaire dans un rayon de 170 à 200 km».

«L’efficacité d’un leurre séparé du missile a également été vérifiée par un radar antiaérien», a affirmé l’agence.

   Progrès technologiques du Nord

Maîtriser la technologie des missiles à têtes multiples est un objectif ultime pour les nations qui cherchent à se doter de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) capables de transporter des têtes nucléaires, a observé Hong Min, chercheur principal à l’Institut coréen pour l’unification nationale.

Il semble que le Nord «teste cette technologie étape par étape sur le long terme», a-t-il déclaré à l’AFP. «Ils semblent faire des progrès technologiques dans les premières phases de développement de missiles à ogives multiples.»

Outre ses essais de missiles, la Corée du Nord a récemment innové dans ses méthodes pour importuner son voisin du Sud, en envoyant de l’autre côté de la frontière des centaines de ballons chargés d’ordures et d’excréments d’animaux, répliquant ainsi.

Trois jours de suite, Pyongyang a lancé des ballons-poubelles vers le Sud. Selon l’armée sud-coréenne, environ 70 ballons ont atterri jeudi matin, principalement dans la province de Gyeonggi, dans le nord du pays et dans la région de Séoul. Ils ont contraint l’aéroport d’Incheon desservant Séoul à fermer brièvement.

«La charge utile est d’environ 10 kilogrammes, il y a donc un risque si les ballons descendent rapidement», a indiqué l’armée, se disant prête à réagir.

La réponse de Séoul aux derniers ballons «sera flexible en fonction de la situation stratégique et opérationnelle. Cela dépend des actions de la Corée du Nord», a-t-elle ajouté.

Les marines de Corée du Sud ont repris mercredi des exercices de tir réel sur des îles proches de la frontière entre les deux pays, les premiers exercices de ce type depuis l’accord de 2018 visant à réduire les tensions avec le Nord qui a été totalement suspendu en juin.

La Corée du Sud et les États-Unis ont également organisé mercredi des exercices aériens conjoints mobilisant 30 avions, y compris le F-22 Raptor, avion de chasse furtif américain.

Mardi, le président Yoon Suk Yeol a visité un porte-avions américain arrivé en Corée du Sud avant le lancement jeudi d’exercices militaires tripartites avec le Japon visant à contrer les menaces nord-coréennes.

Pyongyang s’insurge régulièrement contre de tels exercices, les considérant comme des répétitions en vue d’une invasion.

Pyongyang fait l’objet d’une série de sanctions des Nations unies depuis son deuxième essai nucléaire en 2009, mais poursuit le développement de ses programmes nucléaires et d’armement.

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