dimanche 21 juillet 2024

Les antibiotiques sont une arme de destruction massive pour l’environnement qui va se retourner contre nous

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« Les antibiotiques, c’est pas automatique ! » Tout le monde se rappelle de cette campagne largement diffusée dans les médias il y a quelques années. Si l’utilisation abusive d’antibiotiques est néfaste pour la santé, elle l’est aussi pour l’environnement : l’eau, le sol, les végétaux et la faune. Et ce qui affecte l’environnement finit aussi par affecter notre propre santé en retour.

Le département de la biodiversité des Nations Unies a publié un état des lieux sur les conséquences désastreuses de l’usage des  sur l’environnement : ceux que nous avalons pour nous soigner et qui repartent dans les , mais aussi ceux utilisés pour l’élevage et l’agriculture. Les deux tiers de chaque traitement antibiotique que nous prenons repartent dans les eaux.

   Des antibiotiques présents partout autour de nous

Les antibiotiques font partie d’une catégorie plus large, les antimicrobiens qui regroupent donc les antibiotiques, mais aussi les , les  et les antiparasitaires. Or, ces antimicrobiens sont partout dans les produits que nous achetons : les , les  et dans beaucoup de produits d’hygiène et de beauté !

Les antibiotiques et autres antimicrobiens sont aussi largement utilisés pour l’agriculture, l’élevage et l’aquaculture : 70 % d’entre eux sont destinés aux animaux d’élevage, et seulement 30 % aux humains. L’ONU précise que 75 % des antibiotiques utilisés dans l’aquaculture se perdent immédiatement dans les eaux. Ils sont partout, et se diffusent ensuite massivement dans l’environnement. Or, les conséquences restent longtemps invisibles et hors de notre vue. Ils détruisent tout d’abord de nombreux  indispensables au fonctionnement de la vie, surtout dans les sols, un peu moins dans l’eau car ils sont plus dilués.

   De supers microbes résistants à tout causent déjà de nombreux morts

Mais un autre danger fait surface, les supers microbes. Certains microbes apprennent à résister et mutent : on parle alors de supers microbes car ceux-ci ne résistent pas seulement à un type d’antimicrobiens, mais à plusieurs, voire même, à tous. Et ces supers microbes indestructibles infectent ensuite la biodiversité et les humains. L’ONU estime que dans le monde, une personne décède en moyenne par minute à cause d’une infection résistante à tous les antibiotiques, soit environ 700 000 personnes par an, sans compter les innombrables animaux.

Et toutes les estimations pour les prochaines décennies tendent vers une augmentation de l’utilisation des antibiotiques : notamment +67 % d’augmentation prévue pour le bétail entre 2020 et 2030 !

Comment sortir alors de ce cercle vicieux qui risque à terme de mener à une mortalité de  ? L’ONU appelle les gouvernements de chaque pays à mettre en place une politique différente sur la gestion des antibiotiques. Même s’ils nous apparaissent comme indispensables, leur utilisation massive se retourne déjà contre nous. Comme le rappellent les Nations Unies, la santé de l’environnement, celle des animaux et des humains est totalement liée.

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