dimanche 10 décembre 2023

Les satellites Starlink pourraient-ils causer un syndrome de Kessler ?

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SpaceX compte lancer jusqu’à 42 000 satellites pour sa constellation Starlink, et ce n’est pas le seul projet de mégaconstellation. Avec de très nombreux débris spatiaux déjà présents en orbite, le risque de collisions en chaîne augmente constamment, et pourrait rendre l’orbite terrestre impraticable.

Avec la multiplication de la mise en orbite de satellites, certains scientifiques craignent de plus en plus une réaction en chaîne appelée syndrome de Kessler. L’idée est que le nombre de satellites et débris en orbite pourrait atteindre un seuil où des collisions deviendraient trop fréquentes, créant de nouveaux débris et donc de nouvelles collisions. Cette réaction en chaîne pourrait rendre la mise en orbite de nouveaux satellites impossible, voire même le lancement de vaisseaux spatiaux, jusqu’à ce que les débris retombent sur Terre.

Les satellites évitent les collisions avec les débris spatiaux grâce à des systèmes automatisés. Toutefois, même en orbite basse, ils sont beaucoup moins protégés contre les éruptions et vents solaires que les appareils sur Terre. Le soleil atteint un pic d’activité tous les 11 ans, avec le prochain prévu en 2024 ou 2025, et pourrait potentiellement perturber le fonctionnement des satellites, voire créer des courts-circuits. Ils pourraient alors se retrouver sans système de guidage automatique et démarrer une réaction en chaîne de collisions avec, à chaque fois, une multiplication des débris spatiaux.

Un million de débris spatiaux de plus d’un centimètre
Actuellement, on dénombre un million de débris de plus d’un centimètre, dont seulement 34 670 sont suivis et catalogués. Le nombre total de satellites lancés de tout temps s’élève à 15 880, avec environ 8 600 encore en fonctionnement. La constellation Starlink, en orbite basse pour fournir l’Internet par satellite, compte à elle seule actuellement 4 519 satellites. SpaceX espère à terme créer une mégaconstellation de 42 000 satellites. Et d’autres entreprises comme OneWeb et Amazon construisent leurs propres constellations.

Une des solutions proposées est un système d’orbites sûres prévues à l’avance qui maximise la distance entre les satellites afin d’éviter les collisions. Actuellement, il est possible de détecter les éruptions solaires grâce à des télescopes et satellites d’observation sur Terre, en orbite autour du soleil ou encore au point de Lagrange L1. Ainsi, les scientifiques sont prévenus entre 17 heures et plusieurs jours avant que la Terre soit affectée. Il serait alors possible de déclencher la solution de secours et placer tous les satellites dans leurs orbites sûres afin d’éviter une réaction en chaîne. Mais pour cela, il faudrait que ce système soit intégré dans chaque satellite, ce qui n’est pas le cas actuellement…

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