dimanche 10 décembre 2023

Comment les marchands de drames ont gâché la 2ème Conférence Africaine sur la réduction des risques à Marrakech

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Quelle tristesse de voir un pays où le pillage des deniers publics devenu un commerce  pour ceux qui n’en ont pas ,  et où l’argent des contribuables un terreau  fertile pour opportunistes avides, pratiquant le vol des  deniers des Marocains en l’absence de toute impunité et réédition des comptes, tel un cancer se propageant dans le corps sain du patient bienheureux.

S’en est ainsi de  la 2ème conférence africaine sur la réduction des risques à Marrakech, était l’occasion d’un pillage ayant dépassé toutes les limites pour devenir ainsi une action systématique qui a gâché cet événement international, le détournant de son contexte et de ses objectifs et le réduire ainsi à un simple « show business » dans des salons clos.

Les mots sont impuissants pour décrire cette situation déplorable, de part la façon de gestion de telles rencontres internationales, qui sont cruciales pour renforcer la position du Maroc sur le plan international. Quand d’importantes conférences internationales se transforment en opportunités d’enrichissement pour des personnes connues pour leur avidité, elles compromettent les orientations de l’État et ses intérêts supérieurs. Dans de tels cas, il est frustrant de voire ainsi la perte fortuite  d’avantages stratégiques majeurs que le pays aurait pu réaliser si les prédateurs des deniers public avaient laissé place aux experts et si l’intérêt supérieur avait primé sur les petites manœuvres égoïstes et malsaines.

À cet égard, de nombreuses questions pertinentes se posent, notamment une interrogation fondamentale: qu’est-ce qui a changé du jour au lendemain pour que le Message Royal soit absent de la 2ème conférence africaine sur la réduction des risques à Marrakech, contrairement à l’édition précédente, où Sa Majesté le Roi avait adressé  aux participants un message empreint d’espoir et de responsabilité? Pourquoi le ministre de la Santé a-t-il été réprimé et empêché de prononcer son discours hier ?

En réalité, la première conférence n’était qu’un lancement de cet événement qui devrait être organisé par d’autres pays africains à tour de rôle. Cependant, certains opportunistes, traiteurs événementiels et marchands des festivals et forums ont voulu en faire une source d’enrichissement personnel, pariant sur cette rencontre pour conclure des contrats en millions de dirhams en l’absence de reddition des comptes, qui est un principe constitutionnel, qui compte parmi les principes fondamentaux d’une bonne gouvernance.

 Le comble est qu’une femme qui, il y a deux ans à peine, « frôlait la pauvreté »  et ne disposant même pas de quoi subsister au quotidien, est devenue soudainement une « Caisse au trésor » et un  bailleur de fonds qui distribue des millions à une dizaine de sites web, versant des pots-de-vin, sous couvert de séjours, d’une semaine entière, dans des hôtels de luxe de Marrakech, et ce aux dépens des contribuables Marocains. Tout cela, dans le cadre d’une soi-disant couverture médiatique, qui n’est en réalité qu’un prétexte pour le pillage et le détournement de l’argent du contribuable marocain.

Pourquoi des Marocains ont-ils été invités, alors qu’ils n’ont aucun lien ni relation avec les domaines de la santé, l’agriculture, les risques sanitaires, l’eau ou même le ciel, si ce n’est pour être des témoins oculaires des scandales qui se dévoileront dans les prochains jours ?

Ce qui est étrange, c’est aussi le nombre impressionnant de Marocains invités à cette événement, et qui étaient plus nombreux que leurs collègues africains, donnant l’impression que cette Conférence africaine n’est qu’un « Moussem » où le gaspillage, l’ostentation et la dilapidation des deniers publics sont monnaie courante, alors que 5 000 familles, vivant à seulement dix kilomètres du lieu de la Conférence, souffrent de douleur, de peur, de froid et de désespoir.

Le fait que les organisateurs de cette rencontre n’aient pas bénéficié de La Haute Sollicitude de SM le Roi, via un message royal, comme fut l’habitude et la tradition, constitue un avertissement pour les opportunistes et les marchands d’événements qui ont profité de cette situation, surtout que, de multiples critiques se font entendre à propos de la dilapidation des deniers publics lors de cette rencontre, qui coïncide avec une période difficile pour notre pays, qui a engagé une course contre le temps pour collecter les fonds nécessaires à la reconstruction des régions dévastées par le tremblement de terre du Haut Atlas.

C’est une étrange ironie à laquelle il faut réfléchir.

Lorsque d’étranges inconnus se précipitent pour profiter et s’enrichir aux dépens des Marocains en plein désarroi, il est temps de se poser des questions et de réorienter la boussole pour comprendre dans quelle direction le pays s’engage.
Nous reviendrons sur ce sujet pour le traiter sous différents angles et pour mettre à nu le clientelisme et le gaspillage qui ont entaché ce rendez-vous raté.

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