Mardi 25 Avril 2017

Un homme d'affaires sulfureux accusé d'évasion fiscale en France et au Maroc

Ajouté le 22 Fevrier 2012 à 15:20


 

 

 

 

Lareleve.ma-AFP

  Condamné dans le scandale politico-financier Elf en 2003, l'homme d'affaires français Maurice Bidermann, de retour dans les coulisses du pouvoir de Nicolas Sarkozy, est accusé d'évasion et de fraude fiscale par son ancien avocat, un député socialiste et le fisc marocain.

 

 

  Vendredi un élu socialiste Christian Eckert a interpellé à l'Assemblée nationale la ministre du Budget, Valérie Pécresse, sur M. Bidermann, "quelqu'un qui roule carosse en France, qui est domicilié fiscalement au Maroc, qui fait beaucoup d'affaires dans tous les sens du mot".

 

 

  "Un contrôle (fiscal) sur cette personne ou sa conjointe s'est d'ailleurs étrangement arrêté quelques jours après l'arrivée de votre prédécesseur (Eric Woerth) au ministère" en 2007, a-t-il ajouté, accusant l'homme d'affaires de frauder le fisc.

 

 

  Mme Pécresse a invoqué le "secret fiscal". Quant à l'avocat de M. Woerth, Me Jean-Yves Leborgne, il a dit sa "conviction" que "l'hypothèse d'une intervention pour qui que ce soit n'est pas crédible".

 

 

  La femme de M. Bidermann, Danièle, a effectivement fait l'objet d'un contrôle sur 2003 et 2004, achevé "sans rectification" début juin 2007, selon un courrier des impôts consulté par l'AFP.

 

 

  Au Maroc, les autorités viennent, elles aussi, de lancer un contrôle sur ses revenus, selon une demande du fisc marocain aux autorités françaises en date du 3 janvier..

 

 

  "Notre administration a sollicité l'aide de la DGI (Direction générale des impôts) française, luxembourgeoise, belge et britannique pour appréhender les revenus réalisés, dans ces pays respectifs, par M. Bidermann. C'était aussi l'occasion pour les informer de la situation fiscale réelle de ce contribuable qui a choisi le Maroc comme domicile fiscal sans y déclarer tous ses revenus de source étrangère", disait cette demande.

 

 

  Plusieurs organes de presse français ont traité l'affaire récemment. Mediapart a évoqué un "exilé fiscal sous haute protection" qui se dit "ruiné" et "n'a pu payer les indemnités accordées à Elf à l'issue du procès" civil, soit plus de 22 millions d'euros de dommages et intérêts.

 

 

  Le scandale politico-financier d'Elf, vaste dossier impliquant des surfacturations, des faits de corruption et le versement de commissions occultes, avait été un des plus gros scandales de ce type dans les années 90.

 

 

  Il avait éclaté à la suite d'une enquête sur un prêt suspect, via des circuits offshore, de la société pétrolière au groupe Bidermann, d'un montant d'environ 800 millions de francs (près de 150 millions d'euros).

 

 

  M. Bidermann avait été condamné en 2003 dans cette affaire à trois ans de prison dont deux avec sursis et un million d'euros d'amendes.

 

 

  Contacté par l'AFP, l'avocat de l'intéressé, Me François Lasry, n'a pas souhaité s'exprimer, et M. Bidermann n'a pu être joint.

 

 

  Mais selon des documents, l'homme d'affaires est loin d'être ruiné, distribuant des millions de dollars ces dernières années à des universités et des ONG israéliennes.

 

 

  Une entité offshore basée au Liban et au Luxembourg, Erdec, qu'il a admis détenir devant la justice britannique, semble également disposer de fonds conséquents, selon des documents bancaires.

 

 

  Quant à sa domiciliation, l'ancien avocat de M. Bidermann, Claude Richard, assure qu'il vit en réalité à Paris. Les deux hommes sont en procès, M. Richard accusant M. Bidermann de blanchiment, ce dernier réclamant de l'argent à son ex-avocat pour les indemnités d'Elf.

 

 

  M. Bidermann, frère de la chanteuse Régine, est en tout cas inscrit sur les listes électorales à Paris, domicilié chez sa femme, a constaté l'AFP. Et il s'est affiché récemment, selon des photos et vidéos, avec des ministres (comme celui de l'Intérieur Claude Guéant) et plusieurs fois avec Nicolas Sarkozy ces dernières années.

 

 

  Toujours membre du Premier Cercle des donateurs de l'UMP (qui donnent au moins 3.500 euros par an au parti de Nicolas Sarkozy), selon le député Eckert, il avait contribué à la campagne de M. Sarkozy en 2007 et avait été invité à fêter son élection.

 

 








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