Mardi 22 Août 2017

Emeutes a Taza: De la nécessité de l’instruction civique

Ajouté le 10 Janvier 2012 à 10:49



Mohamed mouhamadi


    Au milieu des années cinquante, à quelque temps de la déclaration d’Indépendance, Mohamed Fassi, l’un des tout premiers ministres de l’Education nationale  et sans doute le plus efficace, surprenait son monde en introduisant dans le tout frais programme des élèves marocains, une nouvelle matière qu’il a intitulée instruction civique. Les commentateurs de l’action publique n’étaient pas alors  légion comme ils  le sont aujourd’hui, mais pour peu nombreux qu’ils aient été, tous  ont raillé cette décision. Cinquante ans plus tard, les événements donnent  raison à Mohamed Fassi.

 

   Ce qui se passe journellement à Rabat où des administrations sont investies  par des jeunes en colère, ce qui s’est passé  à Sidi Ifni quand la ville a été mise à feu et à sang, ce qui a eu lieu dans le campement sauvage de Gdim Izig près de Laàyoune quand des repris de justice ont épousé la cause de séparatistes et mis à sac la ville, les troubles de  Safi, les crimes de  Taza…tout cela  interpelle en raison de l’atmosphère explosive qui caractérise les temps actuels.

 

Certes, le sentiment de ras-le-bol est général au genre administré et aucun pays ne peut s’enorgueillir de ne pas avoir ses esprits frappeurs. Ainsi en est-il  dans ces pays arabes où on semble  être entrés en révolution permanente quand ce n’est pas  en guerre civile, en Espagne où les « indignados » campent sur leurs positions en plein centre de Madrid, ainsi de la Russie où les masses laborieuses ne sont plus séduites par le dirigisme béat qu’on leur propose, et il en est ainsi  même aux  Etats-Unis qui ne font plus rêver que tant qu’on n’y a mis les pieds. Partout dans le monde, le citoyen a mal à son être et la démocratie à son exercice. Mais pour autant, l’indignation n’a pas le même coût. Le prix que paiera la nation pour réparer les dégâts occasionnés par les troubles qui ont secoué nos villes ces dernières semaines risque en effet  d’être exorbitant. En fait, quelque faible qu’il soit, il sera toujours excessif en regard de l’emploi productif qu’on pourrait faire des sommes seront allouées à la réparation des dégâts  en ces temps de pré- crise économique mondiale et de disette financière annoncée.

 

    Il y a quelques années, un sondage révélait  que la société marocaine avait mal à son référentiel. Et en particulier que  les jeunes ne savent plus à quel sain modèle se conformer, eux qui sont plus qu’à leur tour sollicités par les sirènes  des cultures qui vantent les loisirs et la recherche  effrénée des plaisirs. Quand en plus de ces appels, le chômage donne de la voix, le mélange est risqué. Notamment quand la socialisation des générations montantes n’est pas au niveau d’efficience qui leur assure l’immunité contre les nouvelles tentations totalitaires. Il se trouve que l’éducation qui assure au mieux cette  immunité contre les mauvais appels a été malmenée à ne plus être capable d’assurer son rôle de vaccin. A la place des préceptes qu’elle enseigne et des comportements qu’elle permet d’acquérir, chacun y est allé de son modèle de vie sociale. En sorte que l’un dans l’autre, les casseurs qu’on voit aujourd’hui à l’œuvre dans la rue sont indifféremment d’obédience gauchisante ou se réclament de droite et bien souvent, ne sont simplement que des loubars frustrés parce qu’ils  n’ont pas ce qu’ils s’estiment- à tort ou à raison- en devoir de posséder. Car il en est de  cette question comme en ce qui concerne les challenges qui façonnent la vie : tout se joue au niveau du mental. C’est l’image que chacun de nous a de lui-même, des autres et de la vie en groupe qu’il faut remettre au goût du jour. CQFD : Fassi avait raison avec son instruction civique.

 

Le Conseil économique et social (CES) qui dans son rapport sur l’emploi des jeunes appelle à une sorte de réactualisation du service civil renchérit dans ce sens. L’emploi c’est bien, semble dire le conseil, mais il gagne à être conforté par l’acquisition de valeurs civiques. Elles seules sont capables de donner l’envie de vivre et de travailler ensemble. En paix et dans la dignité.

 








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