Lundi 27 Mars 2017

Akhannouche : les dessous d’une démission

Ajouté le 3 Janvier 2012 à 16:05


Par Ahmed Al Mohammadi


Le Rassemblement national des indépendants (RNI) est aujourd'hui dans une turbulence que peu d'augures étaient en situation de lui prédire quand, au plus fort de la campagne électorale pour les législatives anticipées, il se posait comme le guide de l'Alliance pour la démocratie, alias G8. Après le setting de protestation de représentants de fédérations de régions devant le siège du parti le mois dernier à Rabat, c'est l'une de ces chevilles ouvrières qui le quitte. Aziz Akhannouche a en effet présenté sa démission du parti dimanche dernier.

 

 En dépit du tumulte des fêtes de fin d'année - auxquelles les gens ont souscrit sans états d'âme particuliers-, l'affaire a fait grand bruit. Homme d'affaires de premier plan - le "Morocco mall" inauguré récemment à Casablanca a donné la mesure de son éclectisme- Akhannouche passe en effet pour l'un des grands bailleurs de fonds du RNI. En sorte que dissidence des régions d'une part, fuite des cadres de l'autre...cette formation politique est en passe de payer le prix- fort- de ses contreperformances de novembre. Et l'on ne sait où cela s'arrêtera.

 

Dans le communiqué qu'il a publié pour étayer sa démission, Akhannouche a été - contrairement à ce qu'on en dit dans la vie de tous les jours - avare... d'explications. Ce qui laisse la porte ouverte aux «  conjecturistes » pour boucher le trou des omissions intentionnelles ou non. Une affirmation retient l’attention dans ce communiqué cependant : l’engagement formel de son auteur de ne s’affilier de nouveau à aucun parti. Les constitutionnalistes en particulier ne devraient pas rester insensibles à cette volonté déclarée. Elle évite en effet à la décision d’Akhannouche de verser à plus ou moins longue échéance dans « la transhumance politique », laquelle comme chacun sait est mise à l’index par la Constitution du 1er juillet. Elle ne lui évite cependant pas de tomber sous le coup des dispositions de cette même Constitution qui régissent la démission en cours de mandat. Elles disent grosso modo qu’un député qui quitte le parti pour le programme duquel il a été choisi par ceux qui l’ont élu, perd son mandat. Normalement, des législatives partielles sont organisées en pareil cas.

 

 Si donc cette démission n’est pas un fait de transhumance, qu’est-elle ? Les commentateurs se perdent en conjectures à ce niveau des événements. Une hypothèse revient avec insistance : si le ministre actuel de l’Agriculture et de la Pêche est sorti des rangs du RNI, c’est parce qu’il aurait reçu une invitation à rejoindre ceux du gouvernement de Benkirane et que le RNI ne veut pas démordre de son intention de se mettre dans l’opposition. Outre que ce cas d’incompatibilité d’humeur est tout à fait nouveau dans la vie politique, il tend à créditer la thèse selon laquelle les vieux us ne sont pas tous morts et enterrés. Considérer qu’Akhannouche est ministrable alors qu’il est sans étiquette, c’est admettre que l’ère des technocrates n’est pas révolue. Perspective qui devrait inquiéter les partis. Y compris ceux qui sont au gouvernement.

 









Les commentaires
  1. Mohamed Benfadil [ Vérité en deçà de la coupole, erreur au delà  ! ]
    1 | 11 Janvier 2012 à 21:10 |

    Les protechnocrates ont raison de soutenir Aziz Akhennouch et autres "sans étiquette" de ce gouvernement supposé, ou du moins espéré, providentiel. Mais les détracteurs des tenants de cette thèse, forts de l'esprit comme de la lettre des dispositions de la nouvelle loi fondamentale, sont également, politiquement mais surtout juridiquement, dans leur droit le plus strict. Vérité en deçà de la coupole, erreur au delà, pourraiton dire  ! A chacun sa vérité dirait, en termmes "terre à terre", l'homme de la rue. Mais si l'on considère que la conjoncture actuelle est si explosive que les hommes de Si Abdelilah n'ont pas droit à l'erreur, pourquoi ne pas leur accorder le bénéfice du "doute" et conseiller à tous ces exégètes de ravaler toutes leurs salades politicopoliticiennes? Laissant au nouvel exécutif le temps de faire ses preuves. Car la sauvegarde de la cohésion et de la stabilité nationales est à ce prix. Alors, et alors seulement, un possible développement serait peutêtre redistribué...avec plus de justice.

    Mohamed Benfadil
    Journaliste aux EtatsUnis

Votre commentaire
* Votre nom
* Titre du commentaire
  * Pays
* Le commentaire
  * Code de vérification



Akhannouche : les dessous d’une démission

Le grand quiproquo d’Ali Anouzla

Akwa ne va pas céder Afriquia

Accord agricole:Est-ce une mise en garde marocaine ?

Le parlement européen adopte l’accord agricole

Revue de la presse quotidienne du Mardi 03 Avril 2012 :

Revue de la presse quotidienne du Jeudi 05 Avril 2012

Revue de presse du Vendredi 06 Avril 2012

Mise en relief de l'impact des projets inaugurés par SM le Roi

Maroc : accord de pêche et respect total de sa ressource

Akhannouche : les dessous d’une démission





 



Photo du facebook


Kobani

France 24 LIVE



Publicité



Publicité


Rechercher sur LA RELEVE


Nos services gratuits

 

»  Livre d'or

 
 

»  site amis

 

S'abonner à la newsletter



S'abonner à la RSS

 

»   RSS des articles

 
 

»  RSS des vidéos

 

Droits de production et de diffusion réservés © Copyright 2017 lareleve.ma