Dimanche 20 Août 2017

Darif : le 16 mai a plongé la classe politique dans un état de choc

Ajouté le 16 Mai 2013 à 11:05


 

Mr. Mohamed DARIF, politologue, enseignant-chercheur à la faculté de droit de Mohammedia


Lareleve.ma

 

 Dix ans après les événements tragiques du 16 ami 2003, survenus à Casablanca, le professeur Mohamed Darif revient sur les faits dans l’interview suivant.

 

Il y a dix ans, Casablanca a été la cible d’attentats terroristes. Qu’est-ce qui a changé au Maroc depuis?

 

Mohamed Darif : Il faut dire que les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca ont été les premiers du genre que le Maroc a connu. Il y avait donc un aspect surprise qui a pris tout le monde de court et plongé la classe politique dans un état de choc. Les services de sécurité ont été pointés du doigt quant à leur vigilance. Il y avait donc matière à une série de remises en cause qui a touché toutes les composantes de la société. En dix ans, beaucoup a changé dans pratiquement tous les aspects touchant au discours intégriste, à l’approche sécuritaire et même au modèle de développement socio-économique.

 

Prenons d’abord, l’approche sécuritaire, qu’est-ce qui a changé ?

 

Mohamed Darif : L’effet de surprise qui a été la principale caractéristique des attentats du 16 mai 2003, a réveillé, si j’ose dire, tout le monde de sa torpeur et a servi de leçon. Les services de sécurité, après les rafles massives auxquelles elles ont procédé au lendemain du 16 mai ont développé leur façon de faire, devenant plus professionnelle face à un danger invisible, imprévisible mais que l’on soupçonne d’être là. Ils ont donc procédé depuis quelques années à des arrestations de prévention, au démantèlement de cellules terroristes avant le passage à l’acte… Plus intéressant encore dans ce cadre, le nombre d’interpellés lors de ces démantèlements est limité.

 

La justice a eu la main lourde en 2003…

 

Mohamed Darif : Tout le monde a été sonné à l’époque et la justice a été sous une grande pression de la part de l’opinion publique qui voulait que les terroristes paient leur forfait, de la part des familles de victimes et j’en passe. Le climat était lourd et c’est normal que les juges frappent fort. Même les chefs d’accusations étaient libellés de façon sommaire. Depuis, la justice a évolué, le code pénal lui même a été revu et les accusations sont maintenant formulées par le parquet de façon précise… Ce qui a donné lieu parfois à des acquittements, des peines de un an, cinq ans… Le Maroc dans toutes ses composantes a appris beaucoup de chose du 16 mai. Que ce soit au niveau de la justice, du parquet ou de la police, on a l’impression qu’il y a une certaine maîtrise du dossier du terrorisme…

 

Le rapport de l’Etat avec les groupes intégristes a-t-il changé aussi ?

 

Mohamed Darif : Bien sûr, mais je dois dire que le lendemain du 16 mai 2003, l’Etat et plusieurs leaders politiques avaient lancé un débat de dramatisation de la situation et du danger islamiste. Le discours intégriste était alors assimilé à un acte terroriste en puissance. Impossible alors de voir un libéral, un gauchiste ou un laïc dire bonjour à un barbu… Encore moins débattre avec lui. Tout cela a énormément changé et des leaders salafistes oeuvrent maintenant pour créer un parti et appellent à un Etat presque laïc (Etat civil). Un dialogue est ouvert entre laïcs et islamistes avec pour but de parvenir à une meilleure cohabitation et à préserver la stabilité du pays et à renforcer sa marche démocratique. Il y a un nouveau discours des diverses parties prenantes, discours basé sur la tolérance avant toute autre chose…

 

Et le PJD dans tout cela ?

 

Mohamed Darif : Après le 16 mai, tout el monde se rappelle des appels lancés pour l’interdiction de ce parti. Heureusement, que cela n’a pas eu lieu. Le PJD s’est depuis sa création posé comme victime du ministère de l’Intérieur. En 2003, il a appelé ce ministère à dire la vérité sur les attentats, il n’a jamais cru à la version officielle. Mais depuis qu’il est à la tête du gouvernement, il a changé de position et soutient maintenant que le dossier du 16 mai est une affaire sécuritaire.

Interviewé par S. Belhassan








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