Dimanche 20 Août 2017

Chabat: Benkirane n'a pas l'habitude du dialogue, ni du compromis

Ajouté le 13 Mai 2013 à 10:42


Lareleve.ma

 

Le parti de l'Istiqlal qui était le principal allié des islamistes au pouvoir depuis un an et demi au Maroc a décidé samedi 11 mai de se retirer de la coalition gouvernementale. S'ils veulent éviter de nouvelles élections, les islamistes vont devoir trouver de nouveaux partenaires...où satisfaire les revendications des Istiqlaliens afin de les convaincre de revenir sur leur décision.

 

Depuis son élection en septembre à la tête de l'Istiqlal Hamid Chabat, le secrétaire général de ce parti, tirait à boulets rouges sur le Premier ministre islamiste Abdelilah Benkirane. Quelques jours avant de claquer la porte du gouvernement voici ce qu’il avait déclaré à un journal francophone.

 

Il y a un an et demi, vous aviez accepté de participer au gouvernement constitué par Abdelilah Benkirane. Vous êtes devenu, depuis quelques mois, le principal opposant à la politique du Premier ministre. Qu'est-ce qui a changé ?

 

 

Nous sommes entrés dans ce gouvernement d'abord pour réussir les réformes politiques entamées depuis maintenant une décennie, notamment en matière de démocratisation et de gouvernance, ensuite parce que nos propositions et celles du PJD sur les questions économiques et sociales se rejoignaient. Mais entre le moment où il est devenu Premier ministre, en janvier 2012, et mon élection à la tête d'lstiqlal en septembre, Benkirane a gouverné seul, décidant de tout sans jamais prendre l'avis des partis de la coalition. A l'époque, nous étions en pleine campagne électorale et pas vraiment en mesure de réagir. Maintenant, nous le sommes. Dans un premier temps nous avons fait des propositions pour améliorer le fonctionnement des institutions. Mais Benkirane ne sous a pas écoutés. Il se conduit en chef de parti, il ne consulte pas ses partenaires, le dialogue social avec les syndicats est au point mort.

 

Vous êtes aussi très critique sur sa politique économique...

 

Nous récusons en effet certaines décisions prises par ce gouvernement dans le domaine économique et social, à commencer par les hausses d'impôts et les réductions de salaires.

 

Le ministre de l'économie et des finances, Nizar Baraka, était pourtant un istiqlalien...

 

Oui mais le ministre délégué au budget est, lui, membre du PJD (Parti de la Justice et du développement, islamiste NDLR) et travaille directement avec le Premier ministre. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles nous avions demandé, en janvier 2013, un remaniement ministériel. Nous voulions à la fois davantage de femmes ministres -il n'y en a qu'une seule- et la fin de ce système bicéphale au ministère de l'économie et des finances. Nous n'avons pas été entendu.

 

Est-ce que cela n'est pas un peu démagogique de critiquer les hausses d'impôts ?

 

Non, parce que le taux de recouvrement est faible. Nous considérons qu'il faut commencer par améliorer le recouvrement. Nous proposons pour cela de recruter 10 000 agents du fisc...Qu'il faudra payer, au risque d'alourdir un peu plus le déficit... Ils rapporteront à l'Etat bien plus que ce qu'ils lui coûteront.

 

Vous avez envie d'être Premier ministre ?

 

 

Je veux que mon parti redevienne le premier parti du Maroc.

 

Est-il souhaitable de cumuler le poste de chef de parti avec celui de chef de gouvernement ?

 

Je ne le crois pas.

 

L'Istiqlal, dont vous êtes depuis le 23 septembre dernier le secrétaire général, avait jusqu'ici toujours été dirigé par le même clan familial. Votre élection à la tête de ce parti, était une révolution ?

 

C'était surtout la première fois, depuis la création du parti en 1934, qu'il y avait une compétition. Il était important, au lendemain des printemps arabes et quelques mois après l'entrée en vigueur, au Maroc, d'une nouvelle constitution, que l'Istiqlal redevienne un parti fort. Cela passait nécessairement à mes yeux par la démocratie interne et c'est ce qui m'a décidé à être candidat. Le roi, désormais, choisit son Premier au sein du parti politique arrivé en tête aux élections. Or comment un parti pourrait-il être crédible auprès des électeurs si ses dirigeants n'ont pas été démocratiquement élus ?

 

Vous avez été ouvrier et vous êtes venu au militantisme par le syndicalisme. Quel a été le déclic?

 

Mon père était lui-même istqlalien. J'avais donc, en famille, l'exemple de quelqu'un qui était tourné vers les autres. Moi-même, je me sentais en phase avec le discours social d'Allal Al Fassi, le fondateur du parti. L'usine où j'ai débuté comme tourneur, au début des années 1970, était une ancienne usine d'armement. A l'époque, elle était encore gérée par un colonel. Il n'y avait pas de syndicat et personne n'avait osé en créer un. J'ai décidé de franchir le pas en fondant une section de l'Union générale des travailleurs marocains (UGTM, le syndicat istiqlalien NDLR).

 

Vous avez été l'un des organisateurs des manifestations de décembre 1990 à Fès...

 

Oui. Le Maroc a connu depuis son indépendance plusieurs grands mouvements sociaux mais celui de décembre 1990 a marqué un tournant. Fès était au coeur de la contestation. La répression a été terrible.

 

A l'époque vous étiez à la tête de la section locale de l'UGTM. Vous amorcez ensuite votre carrière politique en devenant député en 1997. Jusqu'à une date récente, il était très rare que les dirigeants politiques au Maroc soient issus des couches populaires. Aujourd'hui, vous partagez ce " créneau ", qui semble particulièrement porteur, avec le Premier ministre Abdelilah Benkirane et le nouveau patron de la gauche socialiste, Driss Lachgar. C'est le triomphe du populisme ?

 

Au Maroc les gens, aujourd'hui, veulent des responsables politiques qui soient proches d'eux. Ils veulent des représentants qui parlent leur langage, qui soient capables de les écouter et de comprendre leurs problèmes. Est-ce que je suis populiste ? Moi, je préfère dire que je suis pragmatique. Je veux que les choses avancent.

 

Qu'est-ce qui vous différencie vraiment de Benkirane ?

 

Mon parcours. Je suis parlementaire depuis 16 ans, maire de Fès depuis 10 ans. J'ai une expérience de la gestion des affaires publiques. Benkirane, lui, n'a connu que le militantisme islamiste. Il a évolué dans un mouvement refermé sur lui-même et il n'a pas l'habitude du dialogue, ni du compromis








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