Mardi 26 Septembre 2017

Venezuela : un pays suspendu à la santé de Chávez

Ajouté le 10 Janvier 2013 à 17:12


 

 

Lareleve.ma

 

  Dans les rues de Caracas qu’on soit Chaviste ou pas, on ne parle que de l’état de santé du président hospitalisé à Cuba depuis déjà un mois. Sans informations concrètes, ni aucune certitude, les Vénézuéliens sont réduits à attendre le dénouement de ce moment historique.

 

  Une femme observe un portrait mural de Chávez à travers la vitre d'un taxi à Managua, le 8 janvier 2013 - AFP     Une femme observe un portrait mural de Chávez à travers la vitre d'un taxi à Managua, le 8 janvier 2013 - AFP       

 

  Ces jours-ci, les seuls qui arpentent les rues de Caracas avec une quelconque certitude en l'avenir politique du Venezuela sont ceux qui ont la foi. Une foi inébranlable et religieuse, qui leur permet de croire que le président Hugo Chávez se remettra de son cancer et des complications postopératoires dont il souffre actuellement, pour rentrer chez lui et retrouver son pays, où il a récemment gagné des élections [le 8 octobre 2012] qui devraient lui permettre d'accélérer sa révolution. Alors, ils prient tous les jours pour la santé du Commandant. "Comme je le ferais pour la santé de mon fils", explique, émue, Mme Chiquinquirá Hernández, 79 ans, alors qu'elle marche d'un pas décidé vers un centre commercial de la capitale vénézuélienne.

 

Naissance d'un mythe

 

  Personne ne doute que cette même prière est répétée dans des centaines de milliers de foyers vénézuéliens. De toute évidence, l'absence prolongée du président a montré à quel point il est devenu un personnage mythique, qui grandit et se réinvente grâce à la dévotion de son peuple et aux talents de communication du gouvernement, qui se consacre exclusivement au retour du président. Par exemple, on peut lire sur Twitter des messages de soutien qui utilisent le hashtag #ChavezEsUnPueblo [Chávez est un peuple], pendant que la chaîne publique diffuse des dizaines d'images émouvantes du président : il porte des enfants, embrasse des dames, chante ou brandit un poing victorieux.

 

  Par ailleurs, sa ville natale n'est plus simplement Sabaneta de Barinas. Le vice-président, Nicolás Maduro, l'a qualifiée dans un discours passionné de terre "sacrée", car elle a vu naître le Commandant. Des milliers de partisans reprennent d'ores et déjà la formule.

 

  S'il n'est pas physiquement présent, les membres de son parti affirment clairement que le président Chávez a le don d'ubiquité le plus puissant de tout le Venezuela. Il est le "cœur de la patrie", comme l'annonçait le slogan de sa campagne, et   le chavisme est la crème du militantisme politique : le mouvement n'exige aucune information complémentaire, n'exerce aucune pression pour en savoir plus sur l'avenir et n'envisage même pas le décès de son dirigeant.

 

Pour les partisans du président, les rumeurs ne sont rien d'autre que le produit d'esprits malintentionnés qui cherchent à les angoisser. Comme le gouvernement l'a déjà affirmé, il s'agit là d'une nouvelle "campagne de l'extrême droite" et, pour y résister, le mouvement chaviste fait tout son possible, en partenariat avec le gouvernement, pour montrer que la révolution se poursuit malgré tout.

 

La grande incertitude

 

  Pourtant, tout le monde au sein du parti d'Hugo Chávez n'est pas tombé en adoration. C'est aussi dans ce camp qu'on émet des doutes raisonnables sur le retour du président. L'incertitude a pointé son nez il y a déjà plusieurs semaines, et bien plus encore dans l'opposition, qui ne se sent pas prise au sérieux étant donné le manque de détails et de pronostics. Au Venezuela, les décisions dépendent depuis longtemps d'un seul homme, qui souffre aujourd'hui d'une grave infection respiratoire déclenchée par une quatrième opération, dans le cadre du traitement contre un cancer dont le type n'a pas été révélé.

 

  "Il faut que le président se montre, qu'il s'exprime en personne, qu'il publie les résultats de ses examens, qu'un médecin nous donne son avis, martèle Antonio, un étudiant de 17 ans qui a peur de donner son nom, mais n'hésite pas à révéler son opinion. Je ne lui souhaite que du bien et j'espère qu'il guérira, mais je voudrais qu'il soit honnête, car les informations sont très rares. L'atmosphère est étrange, comme si tout le monde était inquiet, mais on ne sait pas qui il faut croire," lance-t-il avant de rentrer dans un cinéma.

 

  Et ce cinéma est plein à craquer car les Vénézuéliens, qu'ils doutent ou non, profitent des derniers jours de leurs vacances de Noël. Les plages du pays accueillent encore des milliers de personnes qui préfèrent affronter les embouteillages sur le chemin du retour plutôt que de perdre un jour de congé, surtout lorsque tout le monde ne parle que de ce qui se passera si le président Chávez revient, s'il revient vraiment, et comment.








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