Vendredi 26 Mai 2017

Le site Lakome : un nid de faussaires de l’information

Ajouté le 2 Janvier 2013 à 16:29


 

 

 

Le site Lakome : un nid de faussaires de l’information 

partisans de «l’option révolutionnaire»  nouvelle version

 

  

Bouhddou Toudghi

 

  La fitna syrienne se serait-elle propagée au Maroc? c’est du moins l’impression qui se dégage des  reportages loufoques diffusés par le site «Lakome» au sujet d’escarmouches à relent purement social, qui surviennent épisodiquement entre les forces de l’ordre et les populations de certaines villes du pays, donnant l’impression cartoonesque que le royaume est le théâtre d’un soulèvement populaire généralisé.

 

  Selon les deux pilotes de ce site, Aboubakr Jamai et Ali Anouzla, les  populations de Figuig et Marrakech auraient déclenché, en l’espace de quelques jours, de véritables «Intifada» et subiraient une «répression inouïe» de la part des forces de l’ordre, faisant «plusieurs blessés parmi les civils qui n’osent pas se présenter à l’hôpital de peur d’être interpellés».

 

  Ainsi, au niveau de la ville frontalière de l’est où les commerces auraient été fermés et les lignes du réseau "Maroc Télécom" brouillées, c’est en bonne et due forme «un siège sécuritaire  qui aurait été déployé par la police pour mater à huis clos, une insurrection à «la sauce Bouazizi», contre la «Hogra» et la «misère ».

 

  Quant à Marrakech, ce sont 3000 habitants du quartier «sidi Youssef Ben Ali» (protestant en fait contre la cherté des factures d’eau et d’électricité), qui auraient bravé au cri de «iskat annidam», une armada de policiers et de gendarmes, "contrainte d’appeler à sa rescousse l’armée pour venir à bout de cette insurrection, en usant de coups de matraques, de bombes lacrymogènes et de jets d’eau», avant d’interpeller «sauvagement» des dizaines de manifestants, dont «les familles de la plupart d’entre eux continuent d’ignorer, jusqu'a présent, la destination vers laquelle ils ont été embarqués manu militari, pour les empêcher de perturber l'activité touristique  que connaît Marrakech à l'occasion des fêtes de fin d’année ».

 

  Persistant dans leur turpitudes, les missi dominici de «Lakome» se sont même attelés à démontrer, chiffres à l’appui, que les factures d’eau et d’électricité ne sont pas élevées a Marrakech, concluant que «les habitants de cette ville n’ont aucune raison de manifester à cet égard»,  pour mieux induire l’idée que les incidents locaux ont une connotation politique.

 

 

 

   Vu sous cet angle, le tableau pittoresque d’un royaume «à feu et à sang» peut authentiquement reluire de tous ses éclats, surtout que ses auteurs ont pris méticuleusement le soin de le rehausser par des photomontages de scènes d’interventions des forces de l’ordre pour disperser les manifestations du «mouvement 20 février» datant de 2011, lesquels sont destinés à apporter une  touche de vraisemblance aux inepties de «Lakome».

 

 Ce procède très peu orthodoxe du photomontage, couramment pratiqué par les faussaires de l’information, est vraisemblablement de plus en plus prisé par Jamai et Anouzla, qui pour faire croire que la population du village d’Anefgou est victime d’une hécatombe en raison de l’hiver rigoureux qui y sévit, ont reproduit, sans scrupule, une dépêche de l’AFP évoquant l’indifférence de l’Etat marocain a l’égard de la marginalisation des habitants des zones enclavées du grand Atlas, assortie d’une photographie tirée du film franco-allemand «Zaïna, cavalière de l'Atlas» sorti en 2005, montrant un cadavre enseveli dans la neige.

 

  Prêts à tout pour réaliser leurs fantasmes insurrectionnels, en dépit de la déconvenue avérée du « mouvement 20 février», Jamai et Anouzla s’acharnent à faire feu de tous bois, même au prix de surenchères médiatiques mensongères, sans avoir la moindre idée sur les répercussions que peuvent avoir leurs velléités pyromanes sur l’avenir de leur pays.

 

  Justement, de la même manière que ces deux faussaires de l’information se sont permis récemment de s’interroger si la monarchie est «dotée d’un sens de nationalisme et de patriotisme pour préserver les intérêts des citoyens», il convient de leur retourner la même question, pour comprendre, d’une part, pourquoi Anouzla tient a  conclure ses tirades logomachiques sur les institutions nationales par un appel à la révolution  qualifiée d'"ineluctable" et saisir, d’autre part, les raisons pour lesquelles Jamai tient a faire le coq devant les étudiants de l’institut national des postes et télécommunications à Rabat en s’exhibant (malgré le froid qui, selon lui, tue à Anefgou), avec un tee-shirt frappé d’une inscription à la gloire du peuple, tout en ressassant sa profonde déception que «le mouvement 20 février» se soit suicidé du fait qu’il n’ait pas voulu dépasser le seuil de la monarchie parlementaire dans le cadre de ses revendications politiques.

 

Le cas d'Anouzla est simple à décrypter, dans la mesure ou il est de notoriété  publique que ce suppôt indécrottable du «F.Polisario», s’acharne sur les institutions nationales, non pas parce qu’il milite pour leur démocratisation, mais dans le but foncièrement pervers de convaincre les ennemis du royaume au sein de la communauté internationale que «le peuple sahraoui ne peut accepter d’être asservi par le régime despotique marocain et que son indépendance est la seule solution pour garantir ses droits».

 

  Contrairement à Ali Anouzla, qui s'évertue  à honorer les agendas séparatiste et algérien à partir du territoire national, l'iconoclaste petit fils du grand nationaliste Bouchta Jamai, a quant à lui volontairement choisi la voie de l'exil en Espagne, tout en aspirant à jouer un rôle majeur dans la prétendue lutte pour démocratiser le pouvoir au Maroc, se limitant, en guise de prouesses en l'objet, à revenir par intermittence au bercail pour éructer ses élucubrations sur la réforme du système institutionnel devant des étudiants peu rompus a l'exercice de la dialectique, en se faisant le chantre d'une alternative politique vaseuse, basée sur un non moins nébuleux projet de coordination entre des élites progressistes et le courant islamiste, y compris ceux d'Al Adl Wa Al Ihssane, en vue de conclure un accord sur les droits et les libertés, notamment celle relative a la croyance.

 

  C’est là, un véritable jeu de dupes, auquel tout marocain peu ou prou au fait de l’histoire contemporaine de son pays refusera de se laisser prendre, sachant que tout le monde se rappelle de feu Fkih Basri, un conspirateur blanquiste, qui  durant ses trente ans d’exil, a plus contribué à retarder l’instauration de la démocratie au Maroc, tant il était obsédé par la récupération des valises de dollars auprès de Boumediene, Kadhafi, Hafez El Assad et Saddam Hussein, pour financer des commandos armés contre le royaume.

 

Fkih Basri, qui rêvait de fédérer au sein d’une chimérique «Koutla Attarikhyia» les courants de la gauche (nationaliste, laïque et collectiviste), n’a jamais eu la capacité de mobiliser les masses populaires à l’intérieur du royaume. C’est cette amère vérité qui lui sera rappelée au lendemain de son retour d’exil en juin 1995, lorsque Mohamed el Yazghi l’invitera fermement a se tenir a l’écart de la scène politique nationale en affirmant que «Fkih Basri est déphasé par rapport aux réalités nouvelles du Maroc et reste marque par la longue période qu’il a vécue a l’étranger ».

 

 

Pour ne pas se ridiculiser davantage aux yeux de ses concitoyens, patriotiquement attachés à la stabilité politique de leur pays, Jamai  devrait méditer sur cette triste parenthèse de l’histoire incarnée par Fkih Basri, qui n’a trouvé mieux, au soir de sa vie, que de pactiser avec les islamistes d’Al Adl Wa Al Ihssane, en se positionnant aux antipodes des valeurs idéologiques de la gauche au sein de laquelle il avait toujours milité.

 

  Il devrait, également, au même titre que son compère Anouzla, tirer les leçons de la récente mésaventure de l’égyptien Mohamed El Baradai, prix Nobel de la paix en 2005, qui après avoir passé 30 ans à l’extérieur de son pays, y est revenu pour prendre la tète de «la coalition nationale pour le changement», rassemblant l’ensemble des partis de l’opposition, parmi lesquels les frères musulmans.

 

 








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