Vendredi 22 Septembre 2017

Les dirigeants maghrébins tentent de rassurer les investisseurs à Davos

Ajouté le 28 Janvier 2012 à 10:34


 

 



Jean-Claude Bourbon

  Assis côte à côte à la même tribune, hier, au Forum économique de Davos (Suisse) le premier ministre tunisien Hamadi Jebali et son homologue marocain Abdelilah Benkirane ont lancé un appel à la communauté économique et financière pour qu’elle continue à investir dans leurs pays. Hamadi Jebali a effectué dans la station des Alpes suisses son premier déplacement en Europe, depuis sa prise de fonction en décembre. Pour Abdelilah Benkirane, il s’agit même du premier voyage officiel à l’étranger, depuis sa nomination fin novembre, comme chef du gouvernement. C’est dire, pour eux l’importance revêtue par ce symposium, qui a rassemblé cette année, pour sa 42e édition, plus de 1 600 décideurs économiques de la planète.

 

  Tous deux issus de partis islamistes modérés, le parti Justice et développement (PJD) au Maroc, Ennahda en Tunisie, arrivés largement en tête aux élections, ils ont cherché à rassurer les investisseurs, qui s’inquiètent de la réelle avancée des transitions démocratiques opérées par ces pays. En Tunisie, plusieurs partis de gauche et des associations ont ainsi appelé aujourd’hui à Tunis à une « marche pour la défense des libertés » afin de dénoncer « la multiplication des agressions », le discours fondamentaliste extrémiste » et la « passivité des autorités » alors que les incidents se multiplient depuis quelques mois, notamment dans les universités où les salafistes réclament le port du voile intégral.

 

  La dégradation de l’économie tunisienne, entrée en récession l’an dernier avec un PIB en recul de 1,8 % et 800 000 chômeurs, dont un quart de diplômés, rend en effet la situation explosive et pousse à de nouvelles revendications sociales, alors que les marges de manœuvres financières du gouvernement sont limitées. Le déficit budgétaire atteint déjà 6 % du PIB. La Tunisie comme le Maroc dépendent aussi fortement des pays européens pour leurs échanges commerciaux et la crise de la zone euro les rend encore plus fragiles.

 

  « J’en appelle ici à Davos à ceux qui nous écoutent. Nous demandons un soutien pour nos efforts de développement, car nos propres moyens ne sont pas suffisants », a lancé Hamadi Jamali, en affirmant que la « Tunisie est un pays ouvert et non pas un pays religieux et une terre d’accueil pour les investissements étrangers ». Afin de ne plus miser uniquement sur le tourisme, le pays souhaite, par exemple, développer des plates-formes pour les services financiers. Il cherche également à modifier la législation sur les investissements étrangers avec la mise en place de normes plus transparentes et conformes aux standards internationaux. En marge du Forum, le chef du gouvernement tunisien devait d’ailleurs rencontrer plusieurs des patrons de multinationales ainsi que des représentants de fonds d’investissement, selon son entourage. Avec les autorités helvétiques, il devait également discuter du dégel des avoirs du président déchu Ben Ali et de sa famille, qui sont toujours bloqués en Suisse.

 

  Les investisseurs n’ont pas à s’inquiéter des partis islamistes, a affirmé, de son côté, Abdelilah Benkirane. « Ils représentent la population et sont ouverts. En luttant activement contre la corruption, ils peuvent même mieux garantir vos intérêts et vos investissements que les gouvernements précédents », a-t-il expliqué. Le premier ministre tunisien s’est voulu tout aussi rassurant, en expliquant que le projet de future constitution tunisienne, actuellement en discussion, devrait garantir l’absence de discriminations. Selon lui, le texte « va garantir le respect des libertés publiques et des droits de l’homme, interdire la torture, garantir l’indépendance de la justice, protéger la liberté de la presse, garantir la liberté de croyance, assurer l’égalité des sexes et protéger les acquis des droits de la femme».

 

  À Davos, les deux chefs de gouvernement ont donc martelé, avec insistance, le même message. Les partis islamistes n’ont rien contre l’économie de marché et leur arrivée au pouvoir devrait même les conduire à se montrer très pragmatiques dans la conduite des affaires, avec comme seule priorité, la création d’emplois. « Les islamistes ne sont pas des créatures métaphysiques. Ce sont des acteurs politiques comme n’importe quels autres, qui cherchent d’abord à veiller à l’intérêt national », a souligné Rafik Abdessalem le ministre des affaires étrangères de Tunisie.

 

  Dans les couloirs du Forum économique mondial, plusieurs intervenants ne cachaient pas néanmoins leur scepticisme sur ces propos, en citant notamment l’exemple de l’Égypte où les mouvements islamistes radicaux souhaiteraient modifier la réglementation bancaire, pour la rendre plus compatible avec les principes de l’islam.

 








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