Dimanche 20 Août 2017

Prometheus en 5 désillusions

Ajouté le 30 Mai 2012 à 13:24


   

 

 

 

 

Par Julien Jouanneau

 

  Film de science-fiction comestible pour le commun des mortels, le fan d'Alien ressortira quant à lui la boule au ventre du film de Ridley Scott. Et dans l'espace tout le monde l'entendra crier de désespoir.

 

  Le fanboy de la saga Alien trépignait depuis plus de trente ans. Une question hantait ses nuits: qui était ce squelette aperçu dans une scène du film de 1979, à l'origine des ennuis de l'équipage du Nostromo? Avec Prometheus, Ridley Scott assurait qu'une réponse allait être apportée à cette question, même s'il ne s'agissait pas d'un prequel d'Alien. Un paradoxe qui aboutit sans surprise à une totale désillusion reposant sur cinq cruelles déceptions.

 

ATTENTION SPOILERS

 

1. Le Space Jockey révélé? Oui, mais nanar à souhait

 

  Trente secondes après le début du générique, Ridley Scott détruit son propre mythe et se noie dans le nanar. Le Space Jockey est dévoilé plein écran, humanoïde albinos nu de trois mètres, aux muscles en mousse et regard de morue, stoïque au bord d'une chute d'eau. Et ce Fantômas de l'espace, sosie du moine du Da Vinci Code et d'un Chevalier Sith, d'avaler une espèce de barbiturique intersidéral. Comme du vulgaire papier toilette, il se désintègre dans l'eau pour créer l'humanité. Le fan lui se liquéfie.

 

  Ce que le fan attendait: une ouverture classique sur le vide de l'espace, directement sur le vaisseau Prometheus. Le passage de David déambulant seul dans ses couloirs est à ce titre réussi. Si seulement il s'agissait de la scène d'ouverture.

 

2. Des scènes suffocantes? Non, c'est Mission to Mars 2

 

  Prometheus affiche beaucoup trop de similitudes avec un autre non-sommet de la science-fiction, Mission to Mars de Brian De Palma. Jusqu'à cloner certaines de ses scènes: celle de l'antichambre où un cosmonaute enlève son casque pour respirer, du vaisseau alien qui fuse vers l'espace dans la séquence finale, du flash-back sur nos origines, de la carte de la galaxie, des interrogations métaphysiques, du questionnement sur l'existence de Dieu, de l'ADN extraterrestre qui-en-fait-est-le-nôtre-oh-mon-dieu. Incroyable, Prometheus redore le blason de Mission to Mars.

 

  Ce que le fan attendait: rien sur les origines de l'humanité, tout sur celles du xénomorphe.

 

3. Le scénario aussi bien construit que celui d'Alien? Non, Lost in space

 

  La déception de Prometheus ne réside ni dans la réalisation de Ridley Scott, ni dans les acteurs, ni dans les décors, mais dans le script de Damon Lindelof. Le scénariste refait le coup de la série Lost: grandes théories fumeuses, inscriptions étranges sur les murs, et surtout une myriade de questions ouvertes, auxquelles ne surtout pas apporter de réponse. Que devient le ténia renégat -totalement copié sur celui de Hidden Grand Prix d'Avoriaz 1988- qui s'extirpe de la bouche d'un cosmonaute? Pourquoi ce mutant qui écrase des têtes comme des melons? Pourquoi sont-ils si méchants envers les êtres humains?

 

  Ce que le fan attendait: un scénario étouffant, moins disparate, avec moins de personnages, un nouveau huis-clos, des Space Jockeys gigantesques, gluants et immondes.

 

4. Des hommages à Alien? Oui, mais trop marqués

 

  Après avoir oscillé entre prequel d'Alien pur et dur puis simple film se déroulant dans un univers identique, le résultat final devient bancal, car les références au film originel sont tout de même légion. Entité gluante qui saute au casque, fait. Robot décapité, fait. Couloirs du vaisseau léché par la caméra, fait. Collation de l'équipage après hyper-sommeil, fait. Transmission radio finale de survivant, fait. Un monstre s'extirpe même du ventre en mousse d'un Space Jockey à la fin. L'adage veut que tout xénomorphe prenne la forme de son hôte: mais alors pourquoi celui-ci ressemble-t-il à un pélican et non à un Space Jockey? 

 

   Ce que le fan attendait: un seul plan final, montrant un alien qui déchire la paroi abdominale du Space Jockey, se tourne lentement vers l'écran, bave, puis fait claquer sa mâchoire. Cut to black.

 

5. Des scènes choquantes? Oui, au sens propre du terme

 

  Avec un budget de 250 millions de dollars, le maquillage du visage de Guy Pearce en vieillard semble sorti d'un film de série Z. L'impression de voir Patrick Sébastien grimé en Jacques Chirac. A l'heure du numérique qui parvient à rajeunir certains visages comme dans X Men 3, le contraire doit être possible! Et comment ne pas pester devant les touches du poste de pilotage du vaisseau extraterrestre en forme d'oeufs durs, et devant le Space Jockey qui souffle dans une flûte (!) pour démarrer son ordinateur.








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