Lundi 25 Septembre 2017

Charles Taylor reconnu coupable de crimes contre l'humanité

Ajouté le 27 Avril 2012 à 10:33


 

 

 

Lareleve.ma-Agences

 

  L'ancien chef d'État du Liberia Charles Taylor a été reconnu coupable de crimes contre l'humanité jeudi, à La Haye aux Pays-Bas.

 

  Charles Taylor devient ainsi le premier chef d'État reconnu coupable de crimes de guerre par une cour internationale. Sa peine sera prononcée le 30 mai.

 

  Le procès de l'ex-chef d'État devant le Tribunal spécial pour les crimes de guerre en Sierra Leone aura duré quatre ans.

 

  Inculpé en 2003, le chef d'État du Liberia était soupçonné d'avoir secrètement dirigé les milices rebelles de la Sierra Leone, pays voisin, pendant la guerre civile de 1991 et 2002 pour obtenir le contrôle du commerce des diamants sierra-léonais. Cette guerre a fait au moins 120 000 morts, ainsi que des milliers d'amputés et de personnes violées.

 

  Lors du procès, la Cour a entendu 94 témoins de la poursuite, en plus de recevoir 4 témoignages écrits, et  elle a entendu 21 témoins de la défense. Elle a également examiné 1520 pièces à conviction et a lu plus de 50 000 pages de dépositions.

 

  Charles Taylor plaidait non coupable à toutes les accusations déposées contre lui.

 

Les 11 chefs d'accusation retenus contre Charles Taylor

 

Terrorisme contre la population et punition collective :

- Acte de terrorisme (crime de guerre et violation de la Convention de Genève)

 

Exécutions extrajudiciaires :

- Meurtres (crime contre l'humanité)

- Atteinte à la vie, à la santé, au bien-être physique et mental, en particulier le meurtre (crime de guerre et violation de la Convention de Genève)

 

Violences sexuelles :

- Viols à grande échelle contre des femmes et des filles (crime contre l'humanité)

- Esclavage sexuel et toute autre forme de violence sexuelle (crime contre l'humanité)

- Outrages à la dignité de personnes (crime de guerre et violation de la Convention de Genève)

 

Violences physiques :

- Atteinte à la vie, à la santé, au bien-être physique et mental, en particulier les traitements cruels (crime de guerre et violation de la Convention de Genève)

- Autres actes inhumains (crime contre l'humanité)

 

Recours à des enfants-soldats :

- Enrôlement d'enfants de moins de 15 ans dans des groupes armés, ou utilisation d'enfants pour participer activement à des hostilités (violation du droit international)

 

Enlèvement et travaux forcés :

- Mise en esclavage (crime contre l'humanité)

 

Pillage :

- Pillages (crime de guerre et violation de la Convention de Genève)

 

 

  Le Liberia est le premier pays africain à avoir obtenu son indépendance, en 1847. Les fondateurs du pays composent une élite formée d'anciens esclaves américains affranchis. Le pays est divisé entre cette minorité américano-libérienne, dont est issu Charles Taylor, et une majorité d'Autochtones.

 

  Le Tribunal spécial pour les crimes de guerre en Sierra Leone, créé pour juger les personnes soupçonnées des massacres, des viols et des amputations qui ont eu lieu jusqu'en 2001, durant les 10 ans de guerre civile en Sierra Leone, devait déterminer si Charles Taylor était responsable de ces exactions.

 

  Au cours de son procès, la poursuite a avancé que Taylor était le « chef », le « père », le « parrain » des rebelles du Front révolutionnaire uni (connu sous l'acronyme anglais RUF) au Sierra Leone, à qui il procurait des armes. Les avocats de la poursuite accusent Taylor d'avoir bénéficié de sa participation à la guerre au Sierra Leone de plusieurs manières, notamment en contrôlant le territoire et la population sierra-léonaise et en exploitant les ressources du pays, tout particulièrement ses diamants.

 

  La poursuite a exposé que la Sierra Leone a longtemps été reconnue pour la quantité et la qualité de ses pierres précieuses. Or, sa population n'a jamais pu en tirer profit, a-t-elle fait valoir. « Au lieu de cela, la majorité des diamants de la Sierra Leone a été expédiée vers Charles Taylor, au Liberia ».

 

  Les avocats de Charles Taylor ont quant à eux soutenu au cours du procès que les intentions de leur client étaient pacifiques et ne visaient pas à encourager les exactions commises dans le pays voisin.

 

  Son avocat Courtenay Griffiths a déclaré aux juges qu'il ne contestait pas « la réalité des terribles atrocités commises en Sierra Leone », mais qu'il s'agissait d'établir « qui en porte la plus grande responsabilité, ayant à l'esprit que Taylor a tenté d'aboutir à la paix ».

 

  « Il est très, très, très malheureux que la poursuite, en raison de désinformation, de mensonges et de rumeurs, m'associe [...] à de telles descriptions », clamera Charles Taylor lors de son témoignage. L'ancien chef de guerre a affirmé n'avoir fourni aucune aide militaire au RUF. Il affirme au contraire qu'il tentait d'amener le groupe rebelle à « la table des négociations de paix ».

 

  Charles Taylor nie également avoir trempé dans le commerce des « diamants du sang ». « C'est un mensonge, un mensonge diabolique », dira-t-il.

 

  Tribunal spécial pour les crimes de guerre en Sierra Leone Tribunal spécial pour les crimes de guerre en Sierra Leone   © AFP/Peter Dejong

 

  En 2009, le Tribunal spécial sur la Sierra Leone a conclu que trois responsables du RUF ont planifié, ordonné ou commis des meurtres, des viols, des mutilations et d'autres actes inhumains lors de la guerre civile en Sierra Leone. Deux d'entre eux ont aussi été reconnus coupables d'avoir conscrit et utilisé des enfants-soldats lors de la guerre.

 

  Ce tribunal avait aussi conclu que ces hommes avaient « contribué de manière significative » à une entreprise criminelle conjointe avec Charles Taylor pour contrôler les zones de production de diamants afin de financer leur guerre. Les trois accusés ont été condamnés à des peines de 25 à 52 ans de prison.

 

Le fiel des Libériens

 

  Contrairement à la Sierra Leone, le Liberia, qui a lui aussi été le théâtre de viols, de meurtres, de campagne de terreur et d'enrôlement d'enfants sous le règne de Charles Taylor, n'a jusqu'ici rien fait pour traduire ses coupables devant la justice.

 

  En 2009, un rapport de la Commission vérité et réconciliation au Liberia, qui citait Charles Taylor parmi ceux qui devaient être poursuivis pour crimes de guerre, avait suscité la controverse avant d'être tabletté.

 

  Ce rapport mettait en cause plusieurs personnalités du pays, dont l'actuelle présidente Ellen Johnson Sirleaf, prix Nobel de la paix en 2011, accusée d'avoir un temps financé le Front national patriotique du Liberia, le groupe armé de Charles Taylor.

 

  Charles Taylor en bref1948 : Charles Ghankay Taylor naît d'un père américain et d'une mère libérienne. Il grandit au sein de l'élite du pays.

 

  1970 : Charles Taylor part étudier l'économie aux États-Unis.

 

1980 : Il retourne au Liberia, après le coup d'État de Samuel Doe, dont il partage la vision. Celui-ci lui offre un poste dans son gouvernement.

 

  1983 : Taylor est accusé de détournement de fonds par Samuel Doe et il tombe en disgrâce. Il fuit aux États-Unis, où il est incarcéré. Il parvient à s'échapper, probablement avec l'aide de la CIA, avec qui il collabore. Il s'établit en Côte d'Ivoire, d'où il prépare sa revanche contre Samuel Doe.

 

  1989 : Taylor est à la tête d'un groupe rebelle, le Front national patriotique du Liberia. Le soir de Noël, il lance sa guérilla au Liberia. Pendant cette guerre civile, un ancien lieutenant de Charles Taylor, Prince Johnson, se dissocie de lui et fonde un autre groupe armé. Ce sont les troupes de Johnson qui prennent le contrôle de la capitale libérienne, Monrovia, et qui assassinent Samuel Doe.

 

  De 1990 à 1997 : Plusieurs factions s'affronteront au Liberia pour le contrôle des nombreuses richesses du pays, dont le fer, le bois et le caoutchouc. Les combats font plus de 200 000 morts. Les forces de Charles Taylor comptent alors plusieurs enfants-soldats.

 

  1995 : Un fragile accord de paix est conclu et permet d'envisager des élections.

 

  1997 : Charles Taylor, avec son macabre slogan « Il a tué mon père, il a tué ma mère, mais je vais voter pour Charles Taylor », est élu président du pays avec 75 % des voix. Le scrutin est jugé juste par les observateurs internationaux.

 

  De 1997 à 2002 : À la tête du Liberia, Charles Taylor soutient les rebelles sierra-léonais du Front révolutionnaire uni (RUF), à l'origine d'une guerre civile sanglante au Sierra Léone, déclenchée en 1991.

 

  1999 : Une nouvelle opposition armée émerge au Liberia et affronte le gouvernement de Charles Taylor. Pendant trois ans, le pays est à nouveau ravagé par la guerre civile.

 

  2003 : Charles Taylor est inculpé de crimes de guerre et de crime contre l'humanité par le Tribunal spécial pour le Sierra Léone. Il quitte le pouvoir et s'exile au Nigéria. Il n'est arrêté qu'en 2006, lorsque le gouvernement nigérian le livre à la communauté internationale.

 

  2007 : Le procès de Charles Taylor débute. Inculpé de 11 chefs d'accusation, il plaide non coupable.

 

  26 avril 2012 : Charles Taylor est reconnu coupable de crimes contre l'humanité.








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