Mercredi 26 Juillet 2017

Tafsut Imazighen: une grande marche amazigh à Casablanca

Ajouté le 23 Avril 2012 à 14:13


 

 

 

 

Lareleve.ma-Mohamed Boudari(photos Abed Chaer)

 

  Venus des quatre coins du Maroc, des milliers de militants amazighs ont défilé, le dimanche 22 Avril 2012, dans les rues de Casablanca, répondants ainsi à l’appel des commissions de coordination de TAWADA II.

 

  De nombreux slogans ont été scandés par les manifestants et des banderoles rappelaient au pouvoir les attentes et les revendications des Imazighen.

 

  Au centre des revendications entaient la libération des détenues amazighs, la mise en pratiques des dispositions de la nouvelle constitution concernants la langue et l’identité amazighs, et le rejet de la régionalisation étendue contre un réel fédéralisme.

 

  La revendication d’une constitution démocratique dans la forme et le fond, le soutien  du Mouvements national de libération de l’Azawad et des Amazighs de Lybie entaient également au centre des préoccupations des militants Amzighs, le tout sur fond de la commémoration du 32e anniversaire du printemps berbère (Tafsut Imazighen en Amazigh) et le 11e anniversaire du printemps noir ( Tafsut Taberkant) en Kabylie.

 

  Pour rappel, Rabat a vu l’organisation de la première version TAWADA le 15 Janvier 2012, lors de laquelle  des centaines de militants ont bravé le pavé de la capitale pour rappeler les principales revendications, toujours en suspension, du mouvement amazigh.

 

Quelques repères

 

  Le Printemps 1980 a été un tournant décisif pour la revendication amazighe en Kabylie. Le Printemps 1980 est venu "bouleverser" la situation en Kabylie : il a ouvert la voie de la protestation populaire. Ainsi, pour la première fois, sous le régime fermé, la population de la région de Kabylie sont sortis massivement dans les rues de la Kabylie pour dénoncer le régime et crier haut et fort leur ras-le-bol. Pour la première fois, ils ont dit publiquement et massivement non à l’arabisation et ont affirmé leur amazighité qu’ils sont décidés à défendre. Si le Printemps 1980 avait ouvert les voies de la protestation en Kabylie, c’est par ailleurs l’ensemble de Tamazgha à qui cette révolte kabyle avait bénéficié. Le vent de la liberté avait donc commencé à souffler.

 

 

Chronologie des événements du printemps berbère 1980

 

6 mars : Un gala de Ferhat Imazighen Imoula est interdit à Tizi Ouzou.

8 mars : Pour la seconde fois, un gala de Ferhat Imazighen Imoula est interdit à Tizi Ouzou.

10 mars : Une conférence de Mouloud Mammeri à l'université de Tizi Ouzou sur les poèmes kabyles anciens est interdite par les autorités.

16 mars : A Alger, quelque 200 étudiants défilent pour la culture et la langue berbères. Ils sont violemment dispersés.

17 mars : les étudiants de l'Institut national des hydrocarbures (INH) organisent un gala et adoptent une résolution de soutien au mouvement de Tizi Ouzou.

20 mars : Dans "El Moudjahid", le rédacteur en chef signe un éditorial affirmant que le développement de la culture berbère est incompatible avec les valeurs arabo-islamiques et l'indépendance culturelle Algérienne.  Une réponse-mise au point de Mouloud Mammeri est adressée au quotidien du FLN, qui refuse de la publier.

24 mars : Arrestation du syndicaliste berbériste About Arezki.

26 mars : Nouvelle manifestation des étudiants à Tizi Ouzou.

28 mars : Une tentative de manifestation des étudiants de l'INH devant le siège du FLN à Alger est dispersée par la police.

6 avril : Assemblée générale des étudiants à Hasnaoua (Tizi Ouzou). Les étudiants décident l'occupation de la salle de reprographie de l'université et appellent à une manifestation pour le 7 avril à Alger.

  7 avril : 500 manifestants menés par Saïd Sadi, Ferhat Imazighen Imoula, Hassène Hirèche sont regroupés à Alger, place du 1er Mai. La manifestation est sauvagement réprimée. Près de 200 manifestants sont embarqués à coups de matraque. Un mort. Meeting à la Faculté centrale d'Alger pour protester contre la répression. Le même jour, les étudiants de Tizi Ouzou décident une grève générale illimitée avec occupation des locaux.

8 avril : Le mouvement s'étend en Kabylie et touche les lycées.

11 avril : Un gala de Ferhat à Bejaïa est interdit.

13 avril 1980 : Les élèves du lycée Amirouche de Tizi Ouzou se mettent en grève. Les travailleurs de l'hôpital envoient une motion de soutien aux étudiants.

15 avril 1980 : Occupation de l'hôpital de Tizi Ouzou par le personnel et appel à une grève générale pour le lendemain.

16 avril : Grève générale en Kabylie. Appel à la grève générale à Alger. La grève est massivement suivie en Kabylie.

17 avril : Ferhat Imazighen Imoula est enlevé à Dar El Beïda. Le ministère de l'Enseignement supérieur lance un ultimatum aux étudiants les sommant de reprendre les cours le 19 avril. Le jour même, réunion entre travailleurs de Sonelec, Sonelgaz, hôpital, Sonitex, Casoral, étudiants, lycéens et mise en place d'un comité populaire de coordination.

20 avril : L'opération « Mizrana » est déclenchée à 1 h du matin.Les forces de répression envahissent tous les lieux occupés (université, hôpital, usines). Les étudiants surpris dans leur sommeil sont assommés dans leurs lits. Le personnel de l'hôpital est arrêté et remplacé par des médecins militaires. Des rumeurs font état de 32 morts et plusieurs centaines de blessés. Une grève générale spontanée est déclenchée par la population. La Kabylie est paralysée : «Tekker di Tizi.» 24 militants sont arrêtés.

21 avril: La population des villages environnants (Ouaguenoun, Mirabeau, Larbâa) connaissent les premiers affrontements.

22 avril : Des manifestants parcourent la ville avec des banderoles pour la libération des détenus. Les CNS chargent les manifestants. Des barricades sont dressées. De durs combats ont lieu partout dans la ville.

23 avril : 4e journée de grève générale. Des arrestations massives ont lieu partout. Des manifestants venant de Ouaguenoun affrontent les forces de répression à l'entrée de la ville.

24 avril : Retour au calme progressif.

10 mai : Gala de Matoub Lounès à l'Olympia en signe de solidarité avec le mouvement populaire en Algérie.

12 mai : Grève à la Fac centrale d'Alger.

3 juin : Pétition du Comité international de soutien aux victimes de la répression en Algérie.

 

Printemps noir

 

  Le Printemps noir est le nom donné à la révolte de la Kabylie, aux violentes émeutes qui y ont éclaté et leurs répressions par l'armée algérienne entre avril 2001 et avril 2002. Le 18 avril 2001, un jeune lycéen Amazigh (Massinissa Guermah) est exécuté d'une rafale d'arme automatique par les gendarmes dans les locaux de la gendarmerie de Beni Douala (Grande Kabylie). Cet événement qui s'inscrit dans une série de manifestations hostiles à la jeunesse de la part des forces de l'ordre sera, de par son extrême gravité, l'élément déclencheur de l'insurrection kabyle.

 

  Durant le mois de mai, la répression est de plus en plus violente: tortures, pillages de domicile et de magasins, représailles. Les gendarmes font 15 nouvelles victimes et des dizaines de blessés. Le mouvement s'organise et crée la «Coordination des âarchs, daïras et communes» (CADC). Le 14 juin, une imposante marche pacifique converge vers Alger pour remettre au président Abdelaziz Bouteflika un texte de revendication : la «Plate-forme d'El Kseur». Les manifestants ne sont pas reçus et sont stoppés par les forces de l'ordre. La répression fait 8 victimes, et 130 personnes sont portées disparues — elles seront soit retrouvées mortes, soit hospitalisées dans les alentours, soit mises en garde-à-vue. De nombreux affrontements vont succéder à cette manifestation, entraînant des dizaines de morts, des centaines de blessés et de multiples arrestations.








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