Mardi 25 Avril 2017

Tétouan, côté court

Ajouté le 30 Mars 2012 à 13:50


 

 

Fouzia Marouf

 

  Si les plus sceptiques doutaient encore de son utilité et de son importance, même les maîtres du septième art ne manquent pas de témoigner leur regain d’intérêt, pour ce bref exercice. Témoin, Abbas Kiarostami, qui a signé l’an dernier, un opus de moins de dix minutes autour de la coquetterie des fillettes italiennes, pour leur longue chevelure qu’elles refusent de couper, malgré la force de persuasion de l’auteur.

 

 Pourquoi, Kiarostami, actuellement l’un des plus talentueux cinéastes de la planète, également scénariste et producteur, s’attelle-t-il encore, plus de quarante ans après son premier court-métrage, Le Pain et la Rue (1970), à revenir sur les traces de ses premières amours et de héros enfants? Parce que le court-métrage est réellement un exercice qui demande de l’exigence, de l’originalité et surtout de la simplicité, car faire simple et court, s’avère finalement une entreprise pas toujours aisée derrière une caméra. Et surtout,  le court, c’est la liberté ! , rappellerait le jeune cinéaste marocain, Ismaël El Iraki, ayant signé Harrash,  excellent opus de vingt minutes, à la fois brut et poétique sur la métropole casablancaise, présent, à Tétouan en 2009.

 

  Jeudi 29 mars, la jeune école de courts-métrages qui incarne aujourd’hui, les nouveaux auteurs de la rive méditerranéenne, a redoublé d’intelligence et de sensibilité, lors de la première programmation du cycle de la forme brève.

 

Trois films, trois regards

 

 

  Tournée vers le monde actuel, Yasmina et la Révolution, de Karin Albou, nous a fait revivre, en temps réel, la journée du 14 janvier 2011 à Tunis. A Paris, Yasmina, jeune Française d’origine tunisienne, apprend via son téléphone portable, l’immolation d’un jeune Tunisien dont on ignore encore manifestement le nom. C’est le choc, elle a mal à ses racines arabes et un violent échange avec son petit ami d’origine kabyle éclate à ce sujet. La cinéaste enserre les deux personnages, en plan très rapproché, comme pour les empêcher de bouger. Evident parallèle avec ceux qui manquent d’espace et d’échappée, de l’autre côté de la Méditerranée. Comme le père de Yasmina, bloqué à l’aéroport de Tunis-Carthage, qui confie à son fils, quelques heures plus tard, que c’est le chaos, quand dans le même temps, pour le jeune Parisien, « c’est la  liberté ». En huit minutes, la cinéaste Karin Albou, a posé plusieurs points de vue, celui des anciens et celui de la jeunesse. Celui de Yasmina, qui décide d’aller manifester Place de la République à Paris, et qui s’oppose à l’avis de son petit ami, frileux au départ, face à cette idée. Tunisiens, Algériens, Français, et surtout frères humains, comme le disait en son temps François Villon dans «La Ballade des pendus», se rassemblent finalement sur la célèbre place, témoignant leur soutien au peuple tunisien.

 

  Autre pépite, venue d’Arménie, « Le Piano ». Cet opus d’une rare sensibilité, d’une durée de dix minutes, nous transporte au cœur d’une petite ville du Sud. Est-ce la Grèce, la Turquie, Chypre ? La population est vieillissante et un évènement bouleverse l’ennui ambiant de ce lieu reculé et oublié, presque tenu hors du temps. Un piano est livré et prêté par le ministère de la Culture, le vieillard qui le réceptionne et les livreurs se querellent longuement, car le noble instrument ne passe pas par la porte d’entrée du vieil homme. Ici, le cinéaste Lévon Minasian, use de ce prétexte, pour dire en filigrane, que la culture doit être accessible à tous. La jeune musicienne, muette, finit à la fin de la journée par sortir de sa maison, pour s’installer et lancer les notes de piano, qui parviennent à tous…

 

   Enfin, pure pépite issue de Grèce et d’une durée de quatorze minutes, Papa, Lénine et Freddy, d’Irene Dragasak, a réuni les aspects indispensables à un très bel ouvrage. Le regard est celui d’une enfant, qui décrit en voix-off les bouleversements de l’ex-Union Soviétique, fortement imprégnée par l’héritage post-léninien et son père, engagé politiquement. Au fil des changements politiques que va connaître le pays, c’est aussi la vie de la famille de cette fillette qui traverse les contours de cet opus. Et indéniablement, sa découverte du cinéma, grâce au personnage de Freddy, du célèbre film,  « Freddy Les griffes de la nuit»… La fin s’achève sur des rythmes technos et électros, néo-sons révolutionnaires dans la marche du monde








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