Mardi 23 Mai 2017

Rétro: 2011, l'année où la presse papier a été dépassée par la presse en ligne

Ajouté le 13 Janvier 2012 à 13:31



 Hanane Jazouani


  Après l’effervescence de la presse gratuite, la presse électronique marocaine a désormais son heure de gloire. Il n’y a qu’à voir le nombre de sites d’informations qui se sont créés sur le web en 2011 pour se rendre compte de cette tendance.

 


  Lakome.com, labass.net, telexpresse.com, goud.ma, demainonline.com, sans oublier d'autres sites créés bien avant 2011 comme hespress.com qui font partie aujourd’hui des nouvelles publications en ligne qui ont le vent en poupe auprès des internautes marocains.

 



  Echapper à une certaine censure, publier un scoop ou une information de dernière minute  sur le site, publier des photos et des vidéos prises sur le fait, contourner le lobby des sociétés de distribution et ne pas avoir de frais de publication papier ou encore permettre aux citoyens de contribuer à la création de l’information, sont là quelques grands avantages auxquels profitent ces nouvelles publications en ligne.
 


 
Relais du Mouvement du 20 février
 
  Il faut dire que le printemps arabe y est pour quelque chose, que ce soit au Maroc ou dans le reste du monde arabe pour l’émergence et l’appréciation de ces sites.



  « Les journaux nationaux, en règle général n’ont pas du tout, à quelques exceptions prés, couvert les manifestations du 20 février. Ce sont les supports électroniques qui ont offert au mouvement un espace mais aussi une source d’informations fiable avec des photos, des vidéos ou des reportages sur le terrain », explique Abdulah Baakil, membre militant du mouvement du 20 février.

 


« Il n’y a pas que le mouvement du 20 février que ces sites ont couvert. Par exemple la situation actuelle dans le village d’Imiter. Cela fait trois mois que les gens de ce village font un sit-in en protestation contre la pollution de l’eau et l’absence de travail. Cela est un exemple du genre d’histoires que l’on trouve uniquement sur ces sites.», poursuit-il.

 



Le cas de Telexpresse
 
  « On a bien réfléchi avant de lancer ce site et l’une des raisons qui nous a poussé à le faire est que le journal papier représente beaucoup de problèmes, par exemple vous ne pouvez pas lancer un journal indépendant sans le lobby des sociétés de distribution. Au Maroc, il n’existe que deux sociétés qui ont le monopole : Sapress et Sochepress. Quand c’est un gros journal qui publie beaucoup d’exemplaires, il n’y a pas de soucis parce que ces sociétés prennent 40% sur les ventes mais si vous êtes un jeune et petit journal à 10.000 exemplaires par exemple, ce n’est pas un journal rentable pour eux », explique Ali Moubarik, directeur du site d’information Telexpresse.com.

 



Survie du site

  Créé en mai dernier, le site d’information Telexpresse.com emploie aujourd’hui 5 journalistes freelances mais fait aussi appel à des collaborateurs travaillant pour d’autres médias marocains et des correspondants pour couvrir l’actualité dans le reste du Maroc et à l’étranger.
« Nos journalistes n’ont pas de carte presse, car il n’existe pas encore un statut pour les journaux en ligne. Mais ça va venir car une loi se prépare au parlement. On a juste le droit d’avoir des cartes professionnelles en tant que freelance », explique-t-il.

 



  Freelance ou pas, ces journalistes doivent être payés. Ali Moubarik insiste sur le fait qu’ils arrivent à les payer et à les déclarer à la CNSS contrairement à certains journaux papiers marocains qui ne déclarent pas leurs journalistes.

 



Une question se pose donc: comment un site électronique vit-il et d’où vient l’argent ?

« Quand on a créé ce site, on ne l’a pas lancé dans un objectif de gagner de l’argent. Mais au fil des semaines, des agences de communication spécialisées dans la publicité électronique nous ont approché pour mettre des bannières publicitaires sur notre site et aujourd’hui on comptabilise 300 000 clics par jour», précise-t-il.

 


  Par ailleurs, derrière ce site d’information, se cache également une agence de communication qui a lancé ce site et qui a, par conséquent, des revenus.

 


« Nadia Yassine n’est pas un prophète ! »

  Il est indéniable que le plus grand inconvénient d’un site d’information sur internet est qu’il est susceptible d’être victime d’attaques émanant de pirates.



  « On a eu une attaque de pirates en juin dernier suite à la publication de photos de Nadia Yassine sur lesquelles elle est accompagnée d’un homme inconnu. Vous savez Nadia Yassine n’est pas un prophète ! », s’exclame-t-il en sous-entendant que l’homme marchant simplement aux côtés de la Marocaine est son amant, alors qu’au final personne n’a pu identifier qui était vraiment cet homme. Ces photos avaient d’ailleurs été publiées par un autre site d’information électronique et avaient été très vite reprises, par d’autres sites d’informations.

 


  « Juste après la publication de ces photos, on a reçu une menace d’islamistes qui nous ont demandé de retirer les photos sinon ils attaquaient le site dans 24 heures et effectivement, ils ont piraté notre site !», poursuit-t-il en riant.


Diffamations et manque d’éthique

  L’apparition de ces nouveaux sites d’information au Maroc est vue d’un œil positif par le Syndicat National de la Presse Marocaine.



  « C’est normal, cela fait partie de la liberté d’expression», lance Younès Moujahid, président du SNPM en expliquant que la prolifération de ce genre de site est une tendance observée dans le monde et pas seulement au Maroc. Néanmoins, la presse papier marocaine n’est pas en danger pour autant. Au Maroc, on n’est pas encore arrivé au stade où ces sites d’information peuvent constituer une menace aux journaux traditionnels, rassure-t-il. Cependant, tout n’est pas rose concernant ces nouvelles publications en ligne, relève Younès Moujahid en trois points différents.



  La première chose qui le dérange est le non-respect des droits d’auteur dans certains articles publiés dans certains de ces sites. « Beaucoup de ces sites copient des photos, des vidéos ou plagient d’autres articles sans se soucier de leurs auteurs, c’est très grave ! » déclare-t-il.
La deuxième chose est le manque de professionnalisme et de déontologie journalistique. Selon lui, si les journalistes n’y prennent pas garde, ils peuvent très vite tomber dans un certain «mercantilisme et sensationnalisme ». Cela pouvant, par la suite, entraîner des diffamations et des insultes lancées, soient par certains journalistes eux-mêmes mais aussi par certains commentaires postés sur lesdits sites sans aucun contrôle ou modération.

 


  « Il ne faut pas oublier que la presse électronique est également concernée par le Code de la Presse », rappelle-t-il. Enfin, ce que dénonce également Moujahid est que certains de ces sites ne peuvent être qualifiés «d’entreprise» car elles ne respectent pas toujours le droit du travail. «Ces sites sont un chantier ouvert et prometteur, mais ce qu’il faut c’est une stratégie claire, une stratégie qui passe par une formation continue pour les journalistes et miser sur les ressources humaines qui est un élément primordial », conclut-il.








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